Chapitres généraux des SNJM : deux moments charnières, à 177 ans d’intervalle
L’année 2026 témoigne une phase importante dans l’histoire des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM). Réunies en juillet pour leur 36e Chapitre général, les religieuses ont discuté et confirmé des principes actualisés de gouvernance, ouvrant ainsi une nouvelle étape dans l’évolution de la Congrégation.
Cette année capitulaire offre l’occasion de revenir sur un autre moment déterminant : le 17 octobre 1849, alors que les SNJM tenaient leur tout premier Chapitre général, dans des circonstances bien particulières.

Mère Véronique-du-Crucifix
1849 : assurer l’avenir après le décès de la fondatrice
Fondée en 1843, la jeune Congrégation traverse une période délicate, lorsque mère Marie-Rose Durocher décède prématurément, le 6 octobre 1849. Onze jours plus tard, plusieurs religieuses se réunissent à Longueuil, pour un premier Chapitre général, en présence de Mgr Ignace Bourget et de deux membres du clergé.
Cette assemblée, tenue du 17 au 19 octobre, doit notamment assurer la continuité de la direction.
Selon le registre des Actes conservé aux archives des SNJM, mère Véronique-du-Crucifix est élue supérieure générale et maîtresse des novices. Elle sera entourée de quatre conseillères : sœur Marie-Agnès, assistante; sœur Thérèse-de-Jésus, dépositaire; sœur Marie-Élisabeth, secrétaire; et sœur Marie-Cécile, conseillère.
Des décisions ancrées dans les réalités de l’époque
Au-delà de l’élection du Conseil, les participantes examinent sérieusement les Constitutions de la Congrégation. Elles relèvent 44 points méritant des améliorations et formulent une dizaine de recommandations pour favoriser une compréhension et une application cohérentes des règles de l’Institut.
Leurs préoccupations témoignent des défis de cette jeune communauté enseignante : qualité de l’instruction chrétienne, attention aux personnes pauvres, organisation de la vie quotidienne et santé des religieuses.
Malgré des ressources financières limitées, elles souhaitent notamment « que les lieux communs devraient être, autant que possible, mis à l’abri du froid ». Elles proposent aussi de « former une Apothicaire en titre et une Infirmière capable de veiller sur la santé des Sœurs ».
L’histoire donnera raison à cette dernière recommandation : au fil des décennies et jusqu’à aujourd’hui, la Congrégation a pu compter sur de nombreuses infirmières compétentes et dévouées.
Ces observations, très concrètes, illustrent la volonté des premières SNJM d’adapter leur organisation aux besoins de leur communauté et de leur mission éducative.

Extrait sur la lecture et l’explication des Saintes Constitutions
2026 : une nouvelle étape dans l’histoire des SNJM
Cent soixante-dix-sept ans plus tard, le contexte est profondément différent. Pourtant, le rapprochement entre ces deux Chapitres généraux est révélateur.
En 1849, il fallait assurer la continuité d’une congrégation naissante après la disparition de sa fondatrice. En 2026, les SNJM se trouvent à une autre étape de leur histoire, qui les amène à revoir leurs modes de gouvernance pour tenir compte de leur évolution.
Sans confondre les enjeux propres à chaque époque, ces deux assemblées témoignent de l’importance accordée au recueillement collectif, à la prise de décision et à la pérennité de la mission.
Que signifient « Chapitre général » et « année capitulaire »?
Un Chapitre général est un rassemblement majeur de gouvernance d’une congrégation religieuse. Il permet entre autres de réfléchir à ses orientations, de prendre des décisions fondamentales et de déterminer les modalités de sa direction.
Chez les SNJM, il se tient normalement tous les cinq ans. Le terme capitulaire désigne ce qui se rapporte au Chapitre général, notamment sa préparation, son déroulement et le suivi des orientations adoptées.