Réflexions

CATHII - Réflexion - Juillet 2020

Mois marial 2020 - Ton nom, Marie… c’est toute ta personne

Il semble que le nom « Marie » soit l’un des plus attribués sur terre. Serait-ce à cause de toi, Marie, mère de Dieu? Toi que les théologiens ne cessent d’interroger, que les poètes et les mystiques ont exaltée. Toi que tous les arts ont représentée et célébrée. Toi, la sainte la plus présente au cœur du peuple chrétien depuis des siècles. Toi, Notre-Dame de Partout, comme le chante Robert Lebel. Toi, dont le mystère et les dogmes suscitent la controverse : pour certaines personnes, tu serais presque l’égale de Dieu alors que d’autres te contestent ou te rejettent comme un modèle de femme désincarnée.

Marie, comment saisir ta véritable identité? Comment te rendre accessible à nos vies? Pour ma part, j’aime te voir en vraie fille d’Israël qui espère et cherche avec ton peuple la venue du Messie promis. J’aime te voir enracinée dans la foi de ta race. J’aime te voir  disciple de ton Fils Jésus.

Marie la croyante

Sonder les Écritures me rapproche un peu de Marie; me la rend plus humaine en son mystère. Dans la scène de l’Annonciation, Luc insiste  sur l’étonnement de Marie. « Elle fut très troublée » par les paroles de l’ange. Elle ne s’attendait à rien de semblable : devenir la mère de Dieu. Quel retournement de vie pour cette jeune fille fiancée à son Joseph! Comme tout être sensé, elle interroge : « Comment cela se fera-t-il »?  Sa liberté, son intelligence, son affectivité sont mises à l’épreuve. Son intuition spirituelle l’amènera cependant à accueillir sa mission, à faire confiance. Sa visite empressée chez Élisabeth, sa cousine, viendra confirmer ce dessein inédit : « Comment m’est-il donné que la mère de mon Sauveur vienne à moi »?

Dans sa maternité, Marie connaîtra le déchirement. À peine né, Jésus est persécuté. Pour le protéger de la fureur d’Hérode, la famille doit trouver refuge en Égypte. Au moment de la présentation au temple, Marie s’étonnera d’entendre la prophétie du vieillard Siméon : « Une épée te transpercera l’âme ». Sans doute, les paroles d’Anne, la prophétesse, éclairent-elles un peu sa foi : cet enfant apportera la « libération d’Israël ».

Éducatrice, Marie participe à la formation de son fils. À douze ans, l’adolescent  s’émancipe, se distancie de la caravane. Pleins d’angoisse, ses parents le cherchent  durant trois jours. Un premier détachement s’opère : « Ne savez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père? » Plus tard, aux proches qui le cherchent, Jésus étonnera à nouveau par ses propos mystérieux : « Ceux-là sont ma mère et mes frères, qui font la volonté de mon Père ». Que comprendre? Marie a bien raison de retourner ces événements en son cœur pour en discerner le sens. C’est au rythme de ses découvertes que sa foi progresse; qu’elle entre plus profondément dans la mission de son Fils.

Marie, disciple de Jésus

Au fil des jours, Jésus mène sa vie d’homme, laissant parfois percer quelques étincelles de sa nature divine. Marie se fait attentive, chemine lentement dans la compréhension du mystère qui entoure  son Fils.  À Cana, sa foi s’affirme : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Elle provoque ainsi l’Heure de Jésus et éveille la foi des disciples. Elle consent au projet de Dieu sur son Fils. Elle assiste, discrète, à sa vie active devenue révélatrice d’un monde spirituel. Avec d’autres femmes, elle l’accompagnera sur la route du Calvaire. Au pied de la Croix, elle n’est pas une mère effondrée, elle se tient forte et résiliente, dans une présence consolatrice. Sa maternité s’ouvre à une parenté universelle : « Femme, voici ton Fils ; Jean, voici ta mère ».

Malgré l’arrachement de la mort, Marie garde l’espérance d’un Jour nouveau. Au Cénacle, elle partage assurément l’intimité qu’elle a vécue avec son Fils : elle est celle qui a le mieux connu les intentions et les désirs de son cœur. Avec les disciples, elle attend que se réalise la Promesse de Jésus : « Je vous enverrai l’Esprit Saint qui vous fera comprendre toutes choses ». Elle sera témoin de la transformation qui les rendra ardents annonciateurs d’un Royaume de justice et d’amour. Les âges la désigneront Mère de l’Église.

Je te salue, sainte Marie. Sainte parce que femme pleinement réalisée selon le désir de Dieu. On a prédit que « les siècles te proclameraient bienheureuse ». Est-ce vrai pour nous, en ce 21e siècle de notre ère? Qui es-tu pour nous aujourd’hui?  Qui es-tu, toi qui par ton Magnificat portais les cris et les espoirs des hommes et des femmes de ton peuple? Comment peux-tu accompagner nos routes humaines? Comment peux-tu éclairer les doutes et les bouleversements de nos vies?  Comment peux-tu inspirer nos choix quotidiens? Comment peux-tu nous conduire dans les profondeurs spirituelles de notre être?

Je te salue, Marie, mère de Dieu et notre mère.

Source : Simone Perras, s.n.j.m. – 2020

Réflexion pascale

Nous entrons dans la saison pascale, accompagnées des témoins qui ont cru au Christ Ressuscité au cœur de leur vie. Marie-Madeleine en est une figure inspirante, Sr Jolanta Kafta, présidente de l’UISG, la propose à notre réflexion.

Contemplons la scène …

Marie-Madeleine s’avance avec courage dans les ténèbres ce matin-là, défiant la nuit et la peur…. elle court vers le tombeau de Jésus, avec audace… la peur est vaincue par l’amour…

Femme intrépide, chercheuse inlassable, qui ne se laisse pas découragée par les évènements. Car tous les mots d’espérance de son Maître résonnent en elle et maintenant, dans la solitude et le silence, ils retentissent dans son cœur comme une promesse inébranlable.

Je vois en Marie-Madeleine un symbole de notre vie religieuse. Nous sommes des femmes qui anticipent l’aube, en affrontant les ténèbres qui nous entourent aujourd’hui, les expériences de douleur et de mort. Des femmes qui croient et qui courent avec amour et par amour pour se laisser rencontrer et surprendre par Lui, le Vivant. Des femmes qui annoncent la Résurrection par leur vie.

En ce temps pascal, que chacune de nous puisse vivre le mystère pascal dans l’espérance, et croire en cette force de vie plus forte que la mort, où les ténèbres s’ouvrent à la lumière!

Année après année, nous revivons ce mystère, nous entendons ces promesses de vie. Mais au cœur de cette pandémie de la COVID-19, comment entendre ce message autrement, avec un cœur neuf ?  Comment le traduire pour cette situation que nous vivons ? Chacune peut-elle l’interpréter selon son expérience de vie ?

Que nous dit Jésus Ressuscité qui porte les marques de sa passion ? La souffrance et les peurs apportées par cette épidémie nous relient les uns aux autres d’une façon jamais expérimenté auparavant. Ensemble, en solidarité, par des gestes d’amitié, des conversations téléphoniques, des expériences musicales, une multitude de personnes à travers le monde inventent des moyens de diminuer la souffrance des uns, des unes des autres.

N’est-ce pas des expressions de la vie du Ressuscité ? De l’action de Jésus qui précède l’humanité sur ses chemins de Galilée ?

Prière et réflexion sur la traite des êtres humains

Thème 2018: Traite et Migration | 8 février 2018

Fête : Mémoire de Sainte Bakhita

Introduction

Un signe pour la prière: Dès l’entrée, au tout début, on remettra à chaque participante un bracelet de ruban. Chacune attachera son bracelet à celui des personnes de son entourage, formant ainsi une sorte de chaîne (la chaîne sera détachée au dernier moment de la prière).

–     Définition du thème de la traite des êtres humains : concept, histoire, statistiques

« L’esclavage moderne – sous la forme de la traite des êtres humains, du travail forcé, de la prostitution, du trafic d’organes – est un crime contre l’humanité ».

(Déclaration commune aux leaders de la lutte contre l’esclavage moderne, 2 décembre 2014).

Dans le monde, des dizaines de millions de personnes subissent la traite des êtres humains et la majorité d’entre elles sont des femmes. Malheureusement, au cours des dernières années, le pourcentage de mineurs des deux sexes a considérablement augmenté. C’est un phénomène changeant et caché qui rend difficile une évaluation précise de son importance. Cette traite s’additionne et se confond avec l’immigration clandestine, avec l’emploi de travailleurs migrants dans des conditions proches de l’esclavage, avec l’enrôlement forcé de femmes dans le commerce sexuel ou leur recours à des mariages de convenance.

La traite des êtres humains, avec les marchés illégaux de la drogue et des armes, engendre des économies frauduleuses de 150 milliards de dollars par an (d’après les données fournies par l’Organisation internationale du travail, 2015). La vie humaine devient un objet commercialisable et exploitable à des fins de profit, s’exprimant par des travaux forcés ou humiliants dans divers secteurs de l’économie, par l’exploitation sexuelle ou l’esclavage domestique. Bon nombre de personnes se voient obligées de contracter un mariage, d’adhérer à des organismes criminels, et de subir des mutilations dues à des extractions d’organes, ou sont livrées à la mendicité.

(Site Web de Talitha Kum).

La traite des personnes peut s’instaurer soit au niveau provincial, national ou international. Elle peut se manifester dans tous les pays. Par exemple, le Canada est à la fois un pays de source, de transit et de destination.

  • Thème de la Journée Mondiale de prière et de sensibilisation à la traite des êtres humains.

Le thème de la Journée Mondiale de prière et de sensibilisation à la traite pour l’année 2018 met en relief la tragédie humaine de la traite chez les personnes déplacées : les migrants, les réfugiés, les expatriés. Elle nous appelle à ouvrir les yeux face à ce problème qui touche tant d’hommes et de femmes qui sont nos frères et sœurs.

La traite d’êtres humains et le trafic vécu à l’égard des émigrants sont deux réalités distinctes mais qui sont profondément liées entre elles. Les migrants dépourvus d’un visa valide sont vulnérables à l’exploitation. L’état de fragilité dans lequel ils se trouvent en font des proies faciles pour le trafic sexuel et celui du travail. Ainsi, des réfugiés et des migrants se voient soumis à des horaires de travail inhumains, pour une paye infime tout en étant obligés de s’acquitter de la dette contractée lors des déplacements; bon nombre de migrants finissent par recevoir des lettres de menaces et d’intimidation s’ils ne parviennent pas à rembourser leur dette. Certains d’entre eux passeront pour disparus, après avoir succombés à un prélèvement d’organes.

À l’heure de la globalisation, le flux migratoire est en croissance. Face à ce fait, dans beaucoup de pays, des mouvements politiques affirment leur opposition en bloquant l’entrée des migrants. Ceci augmente leur vulnérabilité. Les risques de la traite atteignent tout autant celui qui quitte sa terre pour un autre pays que celui qui est déjà installé dans un pays étranger, son intégration étant rendue plus difficile par des manifestations de racisme, de discrimination raciale et de xénophobie.

En cette Journée Mondiale de prière et de sensibilisation à la traite, nous sommes invitées à accompagner par une prière continue et par nos efforts, le souci qu’exprimaient les Nations Unies lors de leur Assemblée générale de haut niveau en 2016 ayant pour thème les flux migratoires (Global Compact for Migration). Lors de l’Assemblée plénière, les chefs d’État et les gouvernants de 193 pays adoptaient un document final sur la gestion des déplacements massifs de réfugiés. Ce thème devient pour tous les États un souci commun et demeure un des points principaux à leur ordre du jour.

Mettons cette réalité au centre de notre vie, et ouvrons-nous du fond du cœur à l’accueil, à l’espérance et à la rencontre. Faisons place à la liberté en combattant l’esclavage.

–    Évangile de Luc: Lc 10, 25-37

Parabole du bon Samaritain

Pour mettre Jésus à l’épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question: «Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle?» Jésus lui demanda: «Dans la Loi, qu’y at-il d’écrit ? Que lis-tu ?» L’autre répondit : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : «Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie.» Mais lui, voulant montrer qu’il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? » Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits; ceux-ci, après l’avoir dépouillé, roué de coups, s’en allèrent en le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit; il le vit et passa de l’autre côté.  Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui; il le vit et fut saisi de pitié. Il s’approcha, pansa ses plaies en y versant de l’huile et du vin; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : « Prends soin de lui; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai. » Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Réflexion  Qui est mon prochain dans le contexte de cette réflexion sur la traite humaine?

  •  Personnes âgées : ce qu’elles peuvent espérer

Témoignage : un témoignage qui contient à la fois la douleur et l’espoir de ceux et celles qui attendent le retour d’un membre de la famille.

Lettre d’une mère

« À la nouvelle de ce qui est arrivé à ma fille (victime de la traite), j’ai ressenti un vide dans mon cœur et un froid glacial a envahi mon corps. Mais j’ai prié Dieu, promenant mon regard sur mes deux petits-enfants : cela m’a donné la force de continuer. Il n’était guère facile de cesser de pleurer, mais tous les jeudis et dimanches, j’allumais un cierge et je demandais à Dieu de prendre soin de ma fille. Comme j’étais loin de ma fille, les gens me posaient des questions sur ce qu’elle vivait et cela me coûtait beaucoup de répondre. Je mentais en disant que sa santé n’était pas très bonne et que c’était  la  raison  de  son  silence…  

Mais il semblait  qu’on m’arrachait la vie! Après tout un temps de souffrance, j’ai appris que tu t’en occupais (Sr Patricia), et je me sens soulagée, car elle est entre bonnes mains et dans un lieu sûr.  Mon seul désir aujourd’hui est de la revoir et de pouvoir parler avec elle. Je continue à prier pour qu’elle aille bien. »

Questions pour la réflexion et le temps de silence

  • Mets-toi à la place des personnes qui agissent dans ce témoignage.
  • Si j’étais dans la même situation, que ferais-je ? Quelle serait ma réaction ?
  • Ce témoignage correspond-il à la réalité qui se vit dans mon pays et dans ma ville ?
  • Quelle est la prière que j’adresse à Dieu ?

Partage ou expression d’une prière

CONCLUSION

  • Prière d’engagement

Dans l’aujourd’hui de notre histoire, à l’heure où les flux migratoires sont en croissance, nous confirmons notre choix du Dieu de la vie, en lui exprimant nos préoccupations par cette prière :

Lorsque nous entendons parler de petits garçons, de petites filles, d’hommes et de femmes que l’on trompe et qu’on emmène vers des lieux inconnus afin de les soumettre à l’exploitation sexuelle, au travail forcé, et à la vente d’organes, notre cœur se soulève d’indignation et notre esprit souffre parce que leur dignité et leurs droits sont violés par l’usage de menaces, de tromperies et de violence.

O Dieu, aide-nous à lutter contre toute forme d’esclavage. Avec Sainte Bakhita, nous te demandons que soit mis fin à la traite des êtres humains.

Donne-nous la sagesse et la force qui nous permettront de nous situer aux côtés de ceux qui sont blessés dans leur corps, dans leur cœur et dans leur esprit, pour que nous obtenions ensemble la promesse de vie et de cet amour tendre et infini que tu offres à nos frères et sœurs exploités.

Touche le cœur des responsables d’un crime aussi grave et soutiens l’engagement que nous prenons à travailler en faveur de la liberté, ce don que tu as fait à chacun de tes enfants. Amen.

  • Signe: on défait la chaîne et chaque participante emmène un des bracelets en souvenir de cette prière et réflexion sur la traite, comme témoin de l’engagement pris face aux réalités de la traite et de la migration.

Poussière d’étoiles

On m’a dit que j’étais Poussière… 

mais jamais on m’a dit que j’étais

POUSSIÈRE D’ÉTOILES.

Est-ce seulement de la poésie?

Regardons cette photo prise en 2014 par le télescope spatial Hubble qui nous révèle près de 3000 galaxies lointaines et des milliards d’étoiles cachées dans un coin de ciel que nous voyons vide et blanc. La beauté de l’Univers, reconnaissons-le, n’est pas à notre mesure. Ces chiffres des 100 milliards de soleils qui sont des étoiles dans chacune des 100 milliards de galaxies dépassent toute imagination.

La recherche contemporaine nous amène à découvrir que nous venons des étoiles. Que nous sommes Poussières d’étoiles… Mais comment pouvons-nous affirmer cela?

Lors du Big Bang, il y a de cela 13,8 milliards d’années, l’hydrogène et l’hélium ont été libérés; ils se sont condensés pour former les étoiles et les galaxies. Les étoiles, dans leur alchimie nucléaire, ont libéré les éléments lourds devenus les éléments de la vie. Cela a permis notre existence.

Merveille : nous sommes bel et bien nés des étoiles. De là, notre vie, si précieuse et si fragile!

Nous sommes Poussières d’étoiles, univers miniatures doués de cette faculté mystérieuse : la conscience. Regardons le sol à nos pieds, prenons conscience de notre présence sur la planète bleue, près d’une étoile jaune : le Soleil.   Contemplons la Voie lactée dans cette immense région cosmique aux milliards de galaxies.  Disons avec Hubert Reeves et des scientifiques : « C’est chez-nous. » C’est là « notre Maison commune », comme l’appelle le pape François dans Laudato ´Si.

Incroyable de relire le texte d’Abraham devant cette immensité :

« Dieu conduit Abraham au dehors et lui dit : « Lève les yeux au ciel. Compte le nombre des étoiles, si tu peux les dénombrer. Telle sera ta postérité. » Abraham décida de lui faire confiance (Genèse 15,5).

Quel émerveillement encore plus grand au temps de David qui nous confia le Psaume 8

O Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom par tout l’Univers! À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’humain que tu en prennes souci? Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur. Tu l’établis sur l’œuvre de tes mains. Psaume 8

Quel émerveillement! Sans les étoiles, l’Univers serait dépourvu de vie, dépourvu de conscience. Le réalisons-nous? Les éléments de la vie des bêtes, des fleurs, des minéraux ont bien pris naissance dans les étoiles. Tous les noyaux des atomes qui nous constituent ont été engendrés au centre d’étoiles mortes il y a de ça plusieurs milliards d’années. Le calcium de nos dents, le fer de notre sang, l’azote de notre ADN viennent des étoiles. Quelle découverte!

Nous inhalons aujourd’hui les mêmes atomes d’oxygène que Jules César, Einstein, Marie, Mahomet, Gandhi, Jésus, etc. Les scientifiques nous informent aujourd’hui que la matière qui nous constitue provient d’autres galaxies. Ne pourrions-nous pas nous considérer comme des voyageurs spatiaux ou des immigrants extragalactiques?

Et Dieu là-dedans? dit Hubert Reeves

« Le besoin de donner un sens à la réalité et à la vie est une caractéristique générale de l’humanité. »

Chacune et chacun y apporte sa réponse. Des scientifiques doutent. D’autres s’étonnent. Certains développent une spiritualité questionneuse! L’esprit humain étant limité arrivera-t-on jamais à comprendra l’infini de l’Univers? Il restera toujours une part de mystère.

Pour Einstein : « Le plus beau sentiment du monde, c’est le sens du mystère. J’éprouve l’émotion la plus forte devant le mystère de la vie. »

Prenons un moment pour contempler ce grand mystère! (Quelques secondes)

Unissons-nous à celles et ceux qui nous devancent

Nous sommes des poussières d’étoiles : tel est le magnifique message de l’astronomie contemporaine. Des milliers de chercheurs ont participé et participent toujours à sa découverte. Qu’ils en soient remerciés!

Rendons hommage aux bricoleurs de génie qui, dans leurs ateliers ou leurs laboratoires, ont patiemment façonné des télescopes et des instruments d’observation pour la NASA. Ils nous font découvrir les grandeurs de notre Univers. Qu’ils en soient remerciés.

Rendons hommage à nos ancêtres, eux-mêmes venus des étoiles. Les gènes et l’esprit de nos ancêtres, de nos parents nous ont été transmis. Grâce à nous, leur esprit est toujours vivant dans nos cellules. Leur génétique se perpétue dans nos corps pour toutes les générations futures. Qu’ils en soient remerciés.

Rendons hommage aux chercheurs et aux groupes en environnement pour leurs efforts. Ils contribuent à nous rendre conscients des effets dévastateurs de la destruction de notre Terre et des effets de changements climatiques. Qu’ils en soient remerciés.

Unissons-nous à la tradition bouddhiste (Thich Nhat Hanh)

« Le vrai changement ne surviendra que lorsque nous tomberons en amour avec notre planète. Pour eux, seul l’amour peut nous montrer comment vivre en harmonie avec la nature et avec chacun d’entre nous ». Qu’ils en soient remerciés.

Entrons dans le silence

Dieu est l’ami du silence. Les arbres, les fleurs, l’herbe poussent en silence. Regardons les étoiles, la lune et le soleil comment ils se meuvent silencieusement.  (Mère Teresa de Calcutta)

Musique :

   (Photos du télescope spatial Hubble)

Je ferme les yeux.

Je me concentre sur mon corps.

Je répète intérieurement : j’existe.

J’ouvre les yeux.

Je regarde le monde autour de moi.

Et je me reconnais en disant : « Je suis une poussière d’étoiles ». « Le monde est poussière d’étoiles! »

Ne venons-nous pas de constater une des prouesses les plus prodigieuses jamais réalisées? D’innombrables événements galactiques, planétaires, stellaires depuis 14 milliards d’années nous ont amenés à cette CONSCIENCE. Ne laissons pas mourir notre Terre. Humanisons l’humanité.

Unissons-nous à Teilhard de Chardin et à la théologienne Ilia Delio. Comme plusieurs autres, ils croient fermement que l’amour est le noyau de l’évolution du monde :

« Au plus profond de notre ADN nous appartenons aux étoiles, aux arbres et aux galaxies.

Au plus profond de nous, nous aspirons à l’unité car, au niveau le plus fondamental, nous sommes déjà un.

Nous nous appartenons les uns les autres parce que nous avons la même source d’amour; l’amour qui coule à travers les arbres est le même amour qui coule à travers nos êtres.

Nous sommes profondément connectés dans ce flux d’amour comme fondation de l’Univers. » (Ilia Delio, franciscaine et théologienne)

Allons et que l’amour nous transforme!

Une capsule vidéo de ce texte de réflexion intitulé Poussière d’étoiles, a été réalisée en français par Ingrid Le Fort et des étudiantes du Collège Durocher-Saint-Lambert

Pour retrouver les sources de cette réflexion « Poussière d’étoiles »

  • Google : Poussières d’étoiles
  • Poussières d’étoiles, Hubert Reeves, 1984
  • Laudato’Si, Lettre encyclique sur la sauvegarde de la maison commune, Pape François, 2015
  • Le banc du temps qui passe, méditation cosmique, Hubert Reeves, Seuil, 2017
  • La terre comme soi-même. Repères pour une écospiritualité, Michel Maxime Egger, 2012

–  Priez 15 jours avec Pierre Teilhard de Chardin, André Dupleix, nouvelle cité, 1994

–  The Occasional Papers, Interview avec Cynthia Bourgeault, Shaping the Planet with Transformed Love, Winter 2017

-Ilia Delio: “On consciousness and christogenesis: Teilhard’s two energies”

 

Source : Pierrette Daviau, fdls et Lise Gagnon, snjm

Écologie intégrale

Échanges préparatoires aux prévisions budgétaires 2017-2018

En septembre 2015, à la Conférence des Nations Unies, 193 pays se sont engagés à atteindre dix-sept objectifs de développement durable pour 2030. La situation est critique et il est essentiel que ces objectifs soient réalisés. Comme le Pape François l’affirme dans son encyclique Laudato Si’ : « Les prévisions catastrophiques ne peuvent pas être considérées avec mépris ni ironie.» (161). Les dix-sept objectifs visent non seulement les conditions climatiques extrêmes de notre planète causées par une activité humaine destructrice mais le destin de toute vie sur terre. Ils considèrent également la prospérité, la vie ensemble et la paix pour tous les peuples. Rien ni personne n’est oublié. Les scientifiques, y compris ceux des sciences sociales, sont d’accord pour l’approche intégrée d’une solution, c’est-à-dire d’une solution qui tienne compte de chaque aspect d’une crise globale, une écologie globale doit être promue.

Le Pape François dans son encyclique Laudato Si’ se fait l’écho de ce nouveau paradigme d’une écologie intégrale pour une action juste. Toutefois, si l’écologie intégrale reconnue par le Pape François le confirme allié des environnementalistes dans leur combat contre l’exploitation de la terre, elle appelle aussi à la louange du Dieu créateur et à la dignité de la personne humaine.

« Mais aujourd’hui, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres. » (49)

« Tout est lié, et, comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs dans un merveilleux pèlerinage, entrelacés par l’amour que Dieu porte à chacune de ses créatures et qui nous unit aussi, avec une tendre affection, à frère soleil, à sœur lune, à sœur rivière et à mère terre. » (92)

Le Pape François nous rappelle aussi : « Sainte Thérèse de Lisieux nous invite à pratiquer la petite voie de l’amour, à ne pas perdre l’occasion d’un mot aimable, d’un sourire, de n’importe quel petit geste qui sème paix et amitié. Une écologie intégrale est aussi faite de simples gestes quotidiens par lesquels nous rompons la logique de la violence, de l’exploitation, de l’égoïsme. » (230)

Les Actes du 34e Chapitre général donnent plusieurs exemples concrets d’écologie intégrale dans nos vies relationnelles quotidiennes, par exemple, au sujet de l’eau (page 10). Ils nous encouragent également à nous engager à réduire notre niveau de consommation, à plaider et à agir pour contrer la déshumanisation des êtres humains et des communautés et à travailler à une répartition plus équitable des ressources afin d’assurer la survie de la Terre, notre maison commune (page 5).

Questions pour réflexion –  échanges

  1. Qu’est-ce qui me touche dans ce texte? Quels sont les appels que j’entends?
  2. Concrètement, comment démontrer dans nos vies notre engagement à réaliser ce nouvel ordre du monde?
  3. Dans la préparation de nos budgets, quelles actions choisissons-nous pour diminuer notre consommation?

« J’ai placé devant vous la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisissez la vie. »

(Dt 30,19) 

Sites Web sur l’écologie intégrale : 

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html

http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/446196/l-ecologie-integrale-commence-par-une-ecologie-de-l-esprit

http://www.eglisesvertes.ca/education-2/213-campagnes-de-sensibilisation

 Hymne de saint François d’Assise

« Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,

spécialement messire frère soleil, qui est le jour, et par lui tu nous illumines.

Et il est beau et rayonnant avec grande splendeur, de Toi, Très Haut, il porte le signe.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur lune et les étoiles,

dans le ciel tu les as formées, claires,  précieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère vent, et pour l’air et le nuage et le ciel serein

et tous les temps, par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur eau, qui est très utile et humble, et précieuse et chaste.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère feu, par lequel tu illumines la nuit,

et il est beau et joyeux et robuste et fort».  Laudato Si’  (64)

Réflexion préparée par Mme Dorothy Guha, personne associée