Communier au vécu des personnes affamées

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Les sœurs de la Maison Jésus-Marie (MJM) participent depuis huit ans à une activité incontournable durant le carême : le repas de la faim. « C’est l’occasion de vivre ensemble ce que d’autres ressentent au quotidien », souligne Sr Gabrielle Brunet, instigatrice de cette activité.

Missionnaire en Haïti pendant 28 ans, Sr Gabrielle est sensible aux conditions de vie très difficiles de nombreuses personnes appauvries, là-bas comme ici. Elle a donc suggéré d’organiser un repas de la faim où l’on sert uniquement un bol de soupe et du pain (accompagné de beurre ou de fromage). Il se déroule en silence tout en étant suivi d’un moment de réflexion et une période d’échanges.

De gauche à droite, soeurs Rita Marcoux, Rita Brière, Gabrielle Brunet.

Il faut souligner que cette activité se greffe parfaitement à la campagne de Développement et Paix durant le carême axé sur le partage (dont le thème cette année est « Ce Carême, mettons les gens et la planète avant tout »). Ce volet réflexion-échange est animé par Sr Jeanne Dagenais. Il complète la prise de conscience et s’avère toujours très enrichissant si l’on se fie aux commentaires des participantes.

Sr Monique L’Écuyer (assise) et Sr Jeanne Dagenais

Cette année, la réflexion a porté sur le texte de la multiplication des pains. Sr Jeanne a par la suite orienté la discussion en invitant les sœurs à exprimer ce que représente le pain et sur les actions de partage posées ces derniers mois. Parmi celles-ci, on retrouve la contribution à l’opération boîtes à chaussures pour venir en aide aux personnes itinérantes, la remise de cartes pour la fête des Mères et la distribution de centaines d’articles en tricot pour plusieurs causes dans la région.

À tous ces gestes de partage, il faut aussi souligner le don en argent des sœurs à la campagne de financement de Développement et Paix. Cette dernière vise à venir en aide aux populations marginalisées dans certaines parties du monde, dont les pays de l’Amérique du Sud.

Cet événement démontre bien la conscientisation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) aux réalités actuelles. « Nous ne pouvons pas rester insensibles à tout ce qui se passe aujourd’hui », conclut Sr Gabrielle.

Reportage photos : Sr Hélène Harvey

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Appelées à témoigner des engagements de la congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) pour la justice sociale avant Laudato Si’ », les sœurs Claudette Bastien et Lise Gagnon ont souligné la diversité et la forme de ces engagements. Ce témoignage a eu lieu dans le cadre d’un webinaire sur la Plateforme d’action Laudato Si’ organisé par la Conférence religieuse canadienne (CRC), le 6 avril dernier.

D’entrée de jeu, Sr Lise Gagnon a lancé « Est-ce que ça se peut qu’avec notre expérience comme religieuses québécoises, femmes de terrain, très liées à la justice… nous soyons déjà imprégnées de Laudato Si’ quand le pape parle de “l’écologie intégrale”… l’écologie qui est liée à l’économie, à la politique, à la vie quotidienne, au bien commun, à la justice… »

Pour appuyer cette entrée en matière, Sr Claudette a rappelé l’adoption « des trois prises de position collective de la congrégation sur l’eau (en 2008), sur l’immigration et les réfugiés (en 2017) et sur la traite en 2004 qui nous permettent de travailler en réseau avec d’autres congrégations, par exemple avec des femmes engagées au CATHII. »

Sr Claudette Bastien, snjm

La réflexion entreprise sur ce dernier sujet a engendré la création, avec d’autres congrégations religieuses, d’UNANIMA International, une organisation non-gouvernementale (ONG) œuvrant aux Nations Unies. Cette initiative a « permis de vivre l’expérience des délégations aux sessions de la CONDITION DES FEMMES (CSW) et les Conférences des Nations Unies sur le DÉVELOPPEMENT DURABLE… et de maintenir notre ouverture aux problèmes internationaux. »

Leur témoignage a été l’occasion de signaler également les répercussions dans le quotidien des sœurs de la communauté allant jusqu’à utiliser du café équitable, des produits de nettoyage biodégradables, à utiliser l’eau d’une façon judicieuse, etc. Les actions en lien avec la justice sociale pour appuyer les personnes démunies se poursuivent toujours à l’heure actuelle. Elles ont ainsi mentionné la récente campagne 500 actions contre la traite en lien avec l’anniversaire de sainte Joséphine Bakhita, l’aide aux personnes réfugiées, l’appui à diverses campagnes en faveur des femmes itinérantes, des peuples autochtones, etc.

En conclusion de leur témoignage, elles ont lancé une invitation à vivre une retraite Laudato Si’ en virtuel au mois d’août avec Sr Lorraine St-Hilaire, une sœur SNJM du Manitoba. Une retraite « entre congrégations de quatre à cinq jours pour regarder notre lien à la création, notre théologie face à la terre qui étouffe, notre spiritualité qui sait accompagner la vie, notre motivation à rester vivantes jusqu’à la fin pour un monde meilleur », a souligné Sr Lise.

Sr Lise Gagnon, snjm

Lors de la période d’échanges, une sœur de Sainte-Croix a encouragé les participants.es à vivre cette retraite pour « revoir la spiritualité et le charisme de notre congrégation à la lumière de Laudato Si ». » On a également souligné à plusieurs reprises que l’appel envers la justice sociale ne datait pas d’hier au Québec alors que les congrégations religieuses ont entretenu des liens très étroits avec le milieu communautaire dès les années 70.

Le travail en réseau fait partie du savoir-faire des congrégations religieuses au Québec, et ce, depuis longtemps déjà, ont fait remarquer quelques autres participants. La période d’échanges a été l’occasion de préciser le travail de transmission des savoirs vers la plus jeune génération du Comité d’action contre la traite humaine interne et internationale (CATHII).

Rappelons que ce webinaire avait pour but « d’outiller les personnes participantes pour répondre » à l’appel d’une participation active à la Plateforme d’action Laudato Si’ lancé à l’automne 2021. Il s’adressait aux répondantes et membres des réseaux JPIC Québec ainsi qu’aux responsables et membres de comités portant des enjeux de justice sociale et d’écologie au sein des congrégations religieuses au Québec. La présentation a été faite par Bernard Hudon, SJ, biol.

Crédits photo : Conférence religieuse canadienne (CRC)

Quelques extraits du témoignage de deux soeurs SNJM

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L’abbé Fontaine utilise l’émetteur porté sous la forme d’un collier.

L’accord du conseil d’administration de la Maison Jésus-Marie pour l’achat d’un équipement technologique de communication a été salué avec enthousiasme par toutes les sœurs résidentes malentendantes.

Cette acquisition a grandement amélioré leur qualité de vie au sein de l’établissement. « C’est le meilleur achat qui a été effectué depuis des années », affirme d’emblée une sœur qui peut ainsi à nouveau participer pleinement aux activités de groupes.

Avec une colonne de son mobile, pouvant être déplacée dans une salle ou à la chapelle, le système technologique de communication comprend aussi des émetteurs et des récepteurs. Ces éléments sont offerts aux animatrices et aux personnes souffrant de surdité lors du déroulement des activités. Faciles à utiliser, ils n’ont aucun impact négatif pour les personnes entendantes. Leur utilisation redonne cependant confiance aux personnes et les incite à participer davantage à la vie communautaire.

Il faut voir les éclairs dans les yeux et le regain d’énergie pour d’autres depuis l’apparition de ces équipements. Que l’on songe à cette sœur de 103 ans qui peut suivre désormais avec entrain les directives du kinésiologue lors des séances ou à celles qui peuvent enfin échanger lors d’activités.

Sœurs Magella et Thérèse Cadorette apprécient ce nouvel équipement.

La présence de ces équipements technologiques, appelés affectueusement « oreilles bioniques » a changé radicalement la vie de plusieurs sœurs qui ont désormais une bien meilleure qualité de vie. En outre, ils facilitent grandement la tâche des accompagnatrices. Bref, cette acquisition a le mérite d’aider tout le monde.

Reportage photos : Sr Hélène Harvey

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La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a invité tous les fidèles à se joindre au pape François afin de prier pour la paix en Ukraine. Le communiqué de la CECC souligne notamment la consécration de la Russie et l’Ukraine au Cœur Immaculé de Marie lors d’une célébration à Rome le 25 mars.

En parallèle, plusieurs autres actions de solidarité ont été mises en œuvre par divers organismes, dont Développement et Paix. Quant à elles, les Équipes de leadership des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM), réunies en assemblée, ont adopté une Déclaration qui lance un appel à la paix et à la solidarité.

Cette déclaration encourage les autorités à tout mettre en œuvre pour apporter rapidement le soutien nécessaire aux réfugiés ukrainiens. Une copie de ladite déclaration a d’ailleurs été transmise au premier ministre du Canada et à l’Ambassade d’Ukraine au Canada.

 

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Les Sept semaines pour l’eau 2022 mettent l’emphase sur la justice de l’eau en Europe. Cette thématique se veut un appui au pèlerinage de la Justice et de la Paix du COE planifié principalement en Europe cette année.

La campagne « Sept semaines pour l’eau » mise en place par le Conseil œcuménique de l’eau du Conseil œcuménique des Églises (COE) en 2008 est une invitation à réfléchir au don de l’eau de Dieu. Elle propose des réflexions théologiques hebdomadaires et plusieurs ressources pendant les sept semaines du carême.

Les textes de réflexion aborderont plusieurs questions sur l’eau en lien avec la situation de l’Europe, en présentant diverses perspectives et certaines inégalités. Le COE encourage l’utilisation de ces ressources pour discuter en petits groupes, alimenter des méditations personnelles et élargir ses connaissances en assistant aux webinaires offerts.

Voici le calendrier des publications :

2 mars 2022      « Justice de l’eau maintenant! », par Philip Peacock

7 mars 2022      « Justice de l’eau vers la justice de genre », par Nicqi Ashwood

14 mars 2022    « Prendre soin de la création et de l’eau pour la vie », par Louk Andrianos

21 mars 2022     « L’eau pour la paix : une perspective interconfessionnelle », par Susanne Öhlmann

28 mars 2022    L’eau pour la paix : une perspective interconfessionnelle

4 avril 2022       L’eau est un don de Dieu, un bien commun et un droit de l’Homme

11 avril 2022     Pèlerinage pour la justice de l’eau en Europe

Consultez le site du COE pour en savoir davantage sur les Sept semaines pour l’eau.

 

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Dans son mot de présentation de la plus récente livraison du bulletin d’UNANIMA International, la directrice générale Jean Quinn, fdls, mentionne plusieurs éléments majeurs qui ont marqué l’année 2021. Elle signale, entre autres, la fierté de l’ONG d’avoir réussi à mettre en évidence le thème de l’itinérance au sein de l’Assemblée des Nations Unies qui a adopté à l’unanimité la résolution que l’organisme a présentée. « C’est un accomplissement monumental… (alors que) le thème de l’itinérance était largement absent du programme de la communauté internationale pendant des décennies… »

Le bulletin présente les actions en cours des comités à l’ONU, dont la Commission du développement social. On souligne la Déclaration commune avec l’International Presentation Association (IPA) qui a soulevé la question des vulnérabilités spécifiques des femmes et des filles tout au long de la pandémie.

On retrouve également un article sur la tenue de la 66e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies. En lien avec le thème « Changements climatiques – Environnement – Réduction des risques de catastrophe – L’égalité des sexes au centre des solutions », UNANIMA International a adressé une demande pour présenter au cours de la session, une déclaration qui sera lue virtuellement, si elle est acceptée. L’ONG animera également un événement parallèle organisé avec le Groupe de travail pour mettre fin à l’itinérance intitulé « Climate Change: Multiple Risks for Homeless Women and Girls » (Changements climatiques : les risques multiples pour les femmes et les filles itinérantes).

Quelques renseignements sont également fournis sur les activités du Comité des ONG, le déménagement des bureaux d’UNANIMA au Church Center de l’ONU et l’arrivée de nouvelles stagiaires. Comme d’habitude, le bulletin fournit plusieurs liens sur des documents ou sites Web en référence.

Consultez cette publication offerte en anglais, en espagnol, en français et en portugais pour en apprendre davantage.

 

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Sous la direction du chef Alexandre Da Costa, les musiciens de l’Orchestre symphonique de Longueuil entreprendront une tournée dans les écoles de la Montérégie d’avril à juin. Ils présenteront deux concepts intitulés Sac à surprises et Stradivarius à l’école — Mozart. Cette approche est une façon de rester en contact avec les jeunes puisque le programme Portée pédagogique jumelé au Concert du printemps est sur pause depuis deux ans en raison de la pandémie.

Dans l’esprit des Balcons symphoniques, projet initié en pleine pandémie qui a amené des groupes de musiciens de l’orchestre à se rendre à l’extérieur des résidences pour aînés pour leur offrir des concerts, le chef Da Costa avec ses musiciens ont décidé de lancer un nouveau projet les Jardins symphoniques.

Cette fois-ci, quelques musiciens de l’orchestre avec le chef soliste proposeront des moments musicaux de « pure magie » aux petits en se rendant dans les CPE et milieux de garde de la petite enfance de la région. Cette tournée devrait débuter en mai.

Partager une passion commune pour la musique

Depuis son entrée en fonction, le chef Da Costa fait la promotion d’une initiation musicale auprès des jeunes. Le programme jeunesse de l’OSDL bénéficie de son enthousiasme pour promouvoir diverses approches et ainsi propager sa passion de la musique.

C’est avec la prochaine saison, soit celle de 2022-2023, que toutes les activités de la Série Jeunesse reprendront. La 22e édition du Concert du printemps devrait se tenir en mai-juin 2023. La programmation prévoit également un retour en salle avec la présentation de quatre concerts des Matinées scolaires et la poursuite du projet Jardins symphoniques dans les CPE et milieux de garde. En outre, un programme sera mis en marche avec la collaboration de la Fédération des Associations de musiciens éducateurs du Québec (FAMEQ) dès septembre 2022 sous le nom de Journée musicale.

Rappelons que les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) partagent leur passion pour la musique et l’importance de son enseignement depuis le début de leur fondation comme congrégation. Leur soutien à l’OSDL depuis plusieurs années s’inspire d’ailleurs de cet esprit.

En terminant, on se souviendra du passage du chef Da Costal avec un groupe de musiciens à la Maison Jésus-Marie en 2020 alors qu’il avait lancé le projet Balcons symphoniques pour égayer la vie des personnes âgées. Ce projet les a amenés à sillonner plusieurs régions du Québec. Voici quelques liens vidéos pour le plaisir de l’âme musical qui sommeille en vous.

2020 – Concert à Longueuil (Méditation de Thaïs et La Marche Radetzky)

Septembre 2021 – Passage en Gaspésie (Une chance qu’on s’a)

Été 2021 – Aperçu de la tournée effectuée (J’t’aime comme un fou)

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La plus récente livraison du bulletin CATHII-Info fait part de plusieurs projets en cours, dont le projet initié l’an dernier CATHII-Université à l’ONU. Ce projet visant à former des étudiants.es aux enjeux de la traite humaine rassemble des jeunes de trois universités québécoises. Ils pourront participer aux ateliers sur la traite, présentés dans le cadre de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW) à la mi-mars.

On apprend également que le projet de recherche sur l’autonomisation des survivants.es de la traite franchit une nouvelle étape avec la distribution d’un questionnaire en trois langues. On souhaite documenter les meilleures pratiques du secteur communautaire en s’intéressant plus particulièrement au vécu des victimes. L’idée principale est d’identifier plus clairement le type d’interventions qui les aident à reprendre le contrôle de leur vie.

On fait état également du travail effectué par le Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ), des enjeux qui concernent ces personnes et de la nécessité que le gouvernement accorde un permis de travail ouvert à ces mêmes travailleurs.euses agricoles.

Le bulletin du Comité d’action contre la traite humaine interne et internationale (CATHII) est disponible en français et en anglais.

 

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L’Association des religieuses pour les droits des femmes (ARDF) a lancé une invitation à la solidarité en faveur des personnes expulsées du Mont-Carmel, une résidence pour personnes autonomes (RPA). Cette résidence, où habitent plusieurs religieuses de la communauté des Auxiliatrices, a été acquise récemment par un nouveau propriétaire désireux d’en faire un édifice à logements locatifs multifonctionnels, sans services adaptés à la clientèle âgée.

Quelque 150 résidents ont assisté à l’assemblée publique en présence de la députée Manon Massé et des deux avocats le 9 février dernier.

Alors que les résident.e.s poursuivent leurs démarches pour contrer leur éviction, deux appels à l’action ont été faits. L’un est un appui financier pour soutenir les démarches juridiques auprès du tribunal administratif du logement. Cette demande en opposition des avis d’éviction veut protéger les droits des personnes âgées dont plusieurs ont plus de 75 ans. En attendant une plateforme numérique pour une campagne de sociofinancement en ligne, un formulaire circule (fichier disponible ici) pour faciliter l’envoi de dons.

En parallèle, une pétition a été mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale du Québec dans le but de réclamer le respect des droits des locataires des RPA. La situation de la Résidence Mont-Carmel n’est pas unique. Elle suscite de nombreuses interrogations et devrait inciter les autorités à revoir les règles en vigueur pour offrir davantage de protection aux personnes âgées.

L’ARDF encourage la diffusion du lien pour accéder à cette pétition et la signer pour faire reconnaître les droits des aînés.

Pour en savoir davantage sur la situation et les conséquences de ces évictions sur les personnes expulsées, écoutez l’entrevue de Marie-Paule Lebel, religieuse et membre du comité des résident.e.s de la RPA Mont-Carmel.

 

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Peu importe leur lieu de résidence au pays, les femmes et les hommes autochtones expriment la même souffrance : « on nous a volé nos racines. » Cette blessure se matérialise par de nombreuses pertes, à commencer par la langue et la culture pour s’étendre jusqu’à la réduction du rôle et du pouvoir des femmes dans leur société. Que l’on soit au Québec ou au Manitoba, les impacts de la colonisation sont encore ressentis par les enfants « qui ont honte de ce qu’ils sont et de ce qu’ils voient », a souligné Sheila Chippastance, métis.

Cette dernière a participé avec deux autres membres de peuples autochtones à la conférence « À l’écoute des voix autochtones » organisée conjointement par les membres des comités de Justice et Paix SNJM du Québec et du Manitoba. La rencontre en mode virtuel du 24 janvier dernier a rassemblé quelque 150 personnes.

Rejoindre par l’émotion

Au fil de ces deux heures captivantes, l’assistance a été transportée dans l’univers du peuple innu au Québec par l’entremise d’une entrevue télévisée avec le journaliste et auteur Michel Jean et la recension de trois de ses livres. Rappelant que les Autochtones ne connaissaient pas leur propre histoire, notamment celles des pensionnats, Michel Jean a opté pour l’écriture romanesque pour aider à prendre conscience de leurs réalités. C’est par l’émotion et le ressenti que les gens sont touchés et peuvent mieux comprendre les situations vécues par les peuples autochtones, croit-il.

Les comptes-rendus de trois des livres de l’auteur ont permis une incursion dans l’univers de sa famille et dans celui de l’itinérance à Montréal. Dans ce dernier cas, la découverte des souffrances vécues par les itinérants autochtones a suscité le désir d’en apprendre plus et d’aller vers eux. Parmi les autres commentaires des participantes, soulignons celui d’une native de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui a dénoncé le fait que la population blanche a été laissée dans l’ignorance à l’époque sur les faits entourant l’arrivée du chemin de fer dans la communauté autochtone de Pointe-Bleue (Mashteuiatsh).

Cette première partie de la conférence comportait également la présentation de deux chants sur YouTube, l’un associé à une prière Ojibwa alors que le second faisait place à la chanteuse inuite Elisapie Isaac avec « Arnaq » (signifiant femme) qui rend hommage à la force des femmes de son village en soulignant « n’oublie jamais d’où tu viens ».

Réalités autochtones au Manitoba

La rencontre s’est poursuivie avec une « sage » de 87 ans, Mae Louise Campbell de la nation Ojibwa-Saulteaux Métis. Sa longue feuille de route ne l’empêche pas de poursuivre inlassablement son travail. « Je ne pense pas à la retraite, j’ai beaucoup trop de travail à faire », dit-elle d’entrée de jeu. Cette gardienne des sagesses des grand-mères autochtones du Manitoba est aussi cofondatrice d’un lieu de guérison, d’éducation et de formation.

« Nous étions très éduqués avant l’arrivée des Blancs… nous avions à cœur l’aspect sacré de tout être vivant, le respect envers la Terre Mère », souligne celle qui lutte pour redonner le pouvoir ancestral aux femmes. « Nous étions les leaders de nos communautés et préservions l’harmonie. » La colonisation a enlevé le pouvoir aux femmes. Elle a aussi fait perdre de nombreux savoirs (par exemple, lois sacrées) généralement transmis par elles sous diverses formes, dont des rituels.

Tout en soulignant l’urgence de tout réapprendre, Mae Louise Campbell insiste sur la nécessité de « travailler ensemble » dans le respect de chaque être vivant, des enfants « sacrés » et du rôle de la femme. Elle invite à créer des programmes pour « remplacer les mensonges, les mythes, reconnaître nos vérités » et souhaite que l’on puisse dorénavant « changer les façons de faire les choses ».

Les deux autres invitées, Patricia Mainville, de la nation Anishinaabe et Sheila Chippastance, Saulteaux-Métis, ont fait ressortir le rôle de la femme dans cette période de réconciliation en insistant sur l’éducation et la pertinence de se réapproprier leur culture. « Une seule personne dans la famille peut faire vivre des changements », exprime Patricia, convaincue du pouvoir de l’éducation pour rompre le cycle, faire entendre la vérité et s’épanouir.

Reconnaissance et compréhension

Enseignante, Sheila croit elle aussi aux vertus de l’enseignement auprès des jeunes. « Il faut leur apprendre à être fiers de leurs valeurs, de leur héritage », raconte-t-elle alors qu’elle-même a appris sa culture par sa mère non autochtone. Intervenant sur la décolonisation, les deux invitées croient important de « reconnaître et de comprendre ce qui a été fait avec la colonisation et les pensionnats et tout ce qui a été perdu par les peuples autochtones à commencer par la capacité d’élever leurs enfants. »

La découverte et l’apprentissage de leurs racines constituent une route difficile pour les Autochtones eux-mêmes. Les deux participantes déplorent aussi la perte de l’histoire des femmes autochtones et des impacts de la colonisation encore tangibles dans leurs communautés. La compassion, l’ouverture, l’écoute des voix autochtones avec la tête et le cœur constituent de bonnes pistes pour travailler à la décolonisation, selon elles.

Pour approfondir le sujet, consultez les ressources ci-dessous :

Vous pouvez également visionner la vidéo de la conférence ci-dessous.