Journée nationale des langues autochtones

Préserver un patrimoine vivant

Tous les ans, le 31 mars, la Journée nationale des langues autochtones rappelle l’importance de protéger et de revitaliser les langues des Premières Nations, des Inuit et des Métis. Ces langues constituent un élément essentiel de l’identité culturelle, de la transmission des savoirs et du lien avec les territoires.

Au Canada, les langues autochtones demeurent toutefois fragilisées. Selon Statistique Canada, environ une personne autochtone sur huit — soit 237 420 personnes — affirme pouvoir parler suffisamment bien l’une des 70 langues autochtones distinctes pour tenir une conversation.

Les données du recensement indiquent également une baisse de 10 750 locuteurs entre 2016 et 2021. Il s’agit de la première diminution observée depuis 1991, année où ces données ont commencé à être recueillies. Cette tendance s’explique en partie par le fait que moins d’enfants apprennent une langue autochtone comme langue maternelle durant l’enfance.

Ces constats montrent clairement que plusieurs langues autochtones sont menacées, et certaines sont même en danger de disparition.

Des signes encourageants de revitalisation

Malgré ces défis, plusieurs initiatives communautaires et éducatives contribuent à redonner vie à certaines langues et à renforcer leur transmission auprès des jeunes générations.

Parmi les signes encourageants observés :

  • Le mi’kmaq était la langue autochtone la plus parlée parmi les membres des Premières Nations dans le Canada atlantique en 2021, avec 8195 locuteurs, soit une hausse de 5,9 % depuis 2016.
  • Au Québec, les enfants des Premières Nations âgés de 14 ans et moins (39,4 %) étaient près de trois fois plus susceptibles de parler une langue autochtone que les adultes de 65 ans et plus (13,4 %).
  • Le michif, langue propre à la nation métisse — issue d’un mélange de cri, d’ojibwé et de français avec des emprunts à l’anglais et à d’autres langues autochtones — connaît également une progression. En 2021, 1 485 Métis ont déclaré pouvoir tenir une conversation en michif, soit 460 locuteurs de plus qu’en 2016, une augmentation de 44,9 %.

Ces exemples témoignent des efforts de revitalisation menés par les communautés autochtones, notamment par l’enseignement, les programmes culturels et les initiatives de transmission intergénérationnelle.

Sensibiliser pour préserver les langues

La Journée nationale des langues autochtones constitue ainsi une occasion importante de sensibiliser la population à la richesse et à la fragilité de ces langues. Leur préservation contribue non seulement à la vitalité culturelle des peuples autochtones, mais aussi à la diversité linguistique du Canada.

Comme le souligne la Dr Lorna Wánosts’ a7 Williams, éducatrice et chercheuse autochtone du Canada :

« Nos langues sont vraiment importantes pour notre sentiment d’appartenance, notre compréhension de qui nous sommes. Nos langues nous permettent aussi de comprendre nos territoires. »

Une mobilisation internationale

Cette prise de conscience dépasse les frontières du Canada. L’Organisation des Nations Unies a proclamé 2022-2032 Décennie internationale des langues autochtones, afin de mobiliser les gouvernements et les communautés autour de la protection, de la revitalisation et de la transmission des langues autochtones.

Ces initiatives rappellent que la survie de ces langues dépend d’un engagement collectif, fondé sur le respect des cultures, la reconnaissance des droits linguistiques et le soutien aux communautés qui les font vivre.

👉 Il est possible de découvrir comment dire « bonjour » et « comment ça va? » dans différentes langues autochtones en consultant les ressources proposées en ligne.