Journée mondiale contre la traite des êtres humains

À l’occasion de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, lance un appel clair. Il invite à mettre un terme à l’impunité, éliminer les profits illicites générés par la traite, et renforcer les systèmes de justice et d’application des lois. Les auteurs de ces crimes doivent être tenus responsables de leurs actes, affirme-t-il.

Ce message met en lumière l’importance de forger des alliances solides, en particulier avec la société civile et les entreprises technologiques, afin de renforcer les mécanismes de signalement, prévenir l’exploitation et mieux protéger les personnes vulnérables. Il souligne également l’urgence de rendre justice aux survivants, de soutenir les populations déplacées, et de s’attaquer aux causes profondes de la traite — telles que la pauvreté, les inégalités, les conflits armés et les dérèglements climatiques.

La situation des jeunes est particulièrement préoccupante. Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), les enfants sont deux fois plus susceptibles que les adultes d’être victimes de violences liées à la traite. Les filles sont touchées de manière disproportionnée. Ces abus prennent plusieurs formes : travail forcé, exploitation sexuelle, adoption illégale, enrôlement militaire, mendicité forcée, criminalité ou exploitation en ligne.

La prolifération des plateformes numériques accentue les risques. Mal préparés et peu protégés, les enfants deviennent des cibles faciles pour les trafiquants, qui utilisent les réseaux sociaux, le Web et le dark Web pour recruter, contrôler et exploiter leurs victimes tout en échappant à la détection.

Face à cette réalité, l’ONU souligne l’importance d’intensifier les efforts de prévention en agissant sur les causes structurelles de la traite. L’engagement collectif est essentiel pour bâtir un monde où aucun enfant n’est laissé pour compte, acheté et exploité.

Engagement SNJM

Depuis sa création en 2013, cette Journée mondiale est l’occasion de rappeler que la traite des personnes est une réalité mondiale qui touche tous les pays. Au Québec, des organismes comme le Comité d’action contre la traite humaine interne et internationale (CATHII) organisent des activités pour mieux faire connaître le sort des victimes, défendre leurs droits et promouvoir des lois plus justes.

L’éducation joue un rôle clé. Un dossier éducatif multilingue (en anglais, en espagnol et en français) a été conçu pour sensibiliser les jeunes de 13 à 18 ans, accompagné d’un guide pour les enseignants et de vidéos explicatives.

Enfin, la campagne Cœur bleue appelle chacun de nous à s’engager pour dire non à la traite des êtres humains, en faisant de la sensibilisation une cause collective.

Rappelons que les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) se sont elles aussi engagées résolument dans cette lutte, portant une prise de position collective forte contre la traite humaine. 

 

 

Quelques faits sur la traite

  • La vaste majorité des victimes de la traite des personnes est constituée de femmes (46 %) et de filles (19 %).
  • Les deux formes d’exploitation les plus courantes sont l’exploitation sexuelle à 50 % et le travail forcé dans 38 % des cas.
  • La plupart des victimes de la traite des personnes le sont à l’intérieur des frontières de leur pays.
  • Les victimes de la traite à l’étranger sont généralement déplacées vers des pays plus riches.