Journée de sensibilisation aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées

Se souvenir pour que les choses changent

Au Manitoba, le 4 octobre porte une signification particulière. Depuis 2017, la province reconnaît officiellement cette date comme la Journée d’hommage et de sensibilisation aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées. Le Manitoba devenait alors la première province canadienne à inscrire cette journée dans sa législation.

Cette reconnaissance est d’abord le fruit de la mobilisation des familles, soutenues par des organisations de femmes autochtones. Depuis des années, des vigiles du 4 octobre permettent de se souvenir des filles, mères, sœurs, grands-mères, partenaires et amies disparues ou assassinées, tout en réclamant des changements pour mettre fin à la violence.

Du mouvement Sisters in Spirit à une journée officielle

Le 4 octobre est associé au mouvement Sisters in Spirit (Sœurs par l’esprit), porté à l’origine par l’Association des femmes autochtones du Canada. Au fil des ans, marches et vigiles ont transformé cette journée en un vaste mouvement de mémoire, de solidarité et d’action.

En 2026, cet esprit demeure bien vivant. À Winnipeg, l’événement Public art, public action; rupture and redress réunira notamment les artistes KC Adams, Val Vint et Jaime Black le 4 octobre. Discussions et parcours d’art public permettront d’explorer les liens entre violence systémique, environnement, réparation et changement social.

Deux dates, une même volonté de ne pas oublier

Cette journée du 4 octobre fait écho à la Journée de la robe rouge du 5 mai, observée partout au Canada. Les deux commémorations ont des histoires distinctes, mais portent une même cause : honorer les femmes, filles et personnes autochtones disparues ou assassinées et sensibiliser aux violences qui persistent.

Le symbole de la robe rouge est issu du REDress Project, créé en 2010 à Winnipeg par l’artiste métisse Jaime Black. Les robes rouges vides suspendues dans l’espace public rendent visible l’absence de celles qui ne sont plus là. Le 4 octobre prolonge cette prise de conscience en rappelant aussi l’importance d’agir et de donner suite aux 231 appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Source : pexels-reyhan

Une cause qui interpelle aussi les SNJM

Pour les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM), cette journée revêt une résonance particulière. Présentes au Manitoba depuis 1874, elles ont développé au fil du temps des liens avec différentes communautés et demeurent sensibles aux réalités et aux droits des peuples autochtones, au Manitoba comme ailleurs au Canada.

Le 4 octobre nous invite ainsi à écouter les familles, nous informer, participer aux commémorations et soutenir les initiatives autochtones. Se souvenir est essentiel. Faire de cette mémoire un moteur de changement l’est tout autant.