Les SNJM sensibilisées aux luttes de communautés brésiliennes

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Julie Tétreault

Parfois, une simple mise en scène suffit pour illustrer une réalité lointaine. Lors de la présentation de la campagne annuelle Carême de partage de Développement et Paix — Caritas Canada (DPCC), madame Julie Tétreault, coopérante SNJM, a su capter l’attention de l’auditoire de manière marquante.

Munie d’un masque pour symboliser la mauvaise qualité de l’air, elle a fait entendre le bruit assourdissant d’un train qui passe toutes les 30 minutes dans certaines communautés du Brésil. Ce vacarme, qui a surpris plusieurs Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) présentes, illustre les conditions de vie devenues extrêmement difficiles pour les populations qui ont vu leur village traversé par le chemin de fer de Carajás.

Une campagne en solidarité avec les communautés touchées

Cette année, la campagne Carême de partage soutient l’organisme partenaire Justiça nos Trilhos (Justice sur les rails — JnT). Cette organisation accompagne les communautés affectées par le chemin de fer de Carajás, qui relie la plus grande mine de fer à ciel ouvert au monde, dans l’État du Pará, au port de São Luís, dans l’État du Maranhão.

Le passage incessant de convois ferroviaires extrêmement longs entraîne de nombreuses conséquences pour les populations locales :

  • un bruit constant et assourdissant,
  • la poussière de minerai de fer qui s’infiltre jusque dans les maisons,
  • la pollution et les vibrations qui fragilisent les habitations,
  • des enjeux de sécurité et des difficultés à traverser les rails.

Sur la voie de la justice

Sous le thème « Sur la voie de la justice », la campagne met en lumière un résultat concret obtenu après plus de 20 ans de mobilisation. Grâce au travail de Justiça nos Trilhos, 312 familles — soit environ 1300 personnes — ont pu être relocalisées dans un nouveau village, Piquiá da Conquista, loin des installations industrielles qui nuisaient à leur santé et à leur qualité de vie.

Comme le témoigne Flavia, 31 ans, leader communautaire de Piquiá da Conquista :

« J’ai parfois voulu abandonner, mais ma famille me disait : “Tu dois continuer.” Avec les missionnaires comboniens, nous avons appris que la lutte est difficile. Malgré nos souffrances, la réinstallation à Piquiá da Conquista est une grande source de joie pour nous. C’est aussi une source d’inspiration pour d’autres communautés. »

D’autres enjeux environnementaux

Les défis auxquels font face ces populations ne se limitent pas au transport du minerai. L’expansion de l’agriculture industrielle, notamment la monoculture de soja, entraîne l’utilisation massive de pesticides qui contaminent les habitations, les arbres fruitiers et les animaux.

À cela s’ajoute la culture intensive de l’eucalyptus, qui appauvrit les sols et génère un transport constant du bois par camions sur des routes de terre, avec de nombreux impacts sur l’environnement et la santé des communautés.

Une présentation marquée par des symboles forts

Après avoir participé à une formation et à un webinaire, organisés par Développement et Paix, Julie Tétreault a préparé une animation visuelle marquante à l’aide de plusieurs symboles : train, rails, bétonnière, semences, panier vide et masque.

Elle a également partagé le matériel de la campagne, dont la carte de prière et le mini-magazine, invitant les religieuses à découvrir plus en profondeur les réalités vécues par ces communautés.

Un geste de solidarité

En appui à la campagne, les SNJM du Québec, en plus de leurs dons personnels, participeront à un souper de la faim en silence le 26 mars. Le repas symbolique — composé de pain, d’un morceau de fromage et d’eau — se veut un geste de solidarité envers les personnes qui vivent dans des conditions précaires.

Pour Julie Tétreault, cette rencontre annuelle demeure un moment privilégié :

« Ce rendez-vous du Carême de partage est toujours une belle occasion de dialogue et de sensibilisation avec les religieuses. »

Comme le rappelle le pape Léon XIV :

« La justice se concrétise lorsqu’elle tend vers les autres, lorsque chacun reçoit ce qui lui est dû, jusqu’à atteindre l’égalité en dignité et en opportunités entre les êtres humains. »