Page d’histoire | Naissance d’Hedwidge Davignon (mère Véronique-du-Crucifix)-1820
Une pionnière de l’éducation et des sciences chez les SNJM
Née le 25 avril 1820 à Saint-Mathias-de-Rouville, Hedwidge Davignon, connue en religion sous le nom de mère Véronique-du-Crucifix, est l’une des grandes pionnières de la Congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM).
Très tôt marquée par l’éducation — sa mère étant institutrice —, elle développe un goût prononcé pour l’étude et les arts. Après une formation au couvent de Saint-Hyacinthe, elle devient à son tour enseignante, avant d’entrer chez les SNJM comme cinquième recrue.
Une architecte de l’éducation chez les SNJM
Éducatrice remarquable, mère Véronique-du-Crucifix joue un rôle déterminant dans le développement de la mission éducative de la Congrégation. Supérieure générale de 1849 à 1857 et directrice générale des études pendant près de 50 ans, elle structure l’enseignement offert dans les établissements SNJM.
Son apport majeur demeure la création et la mise à jour du Plan d’études SNJM, élaboré entre les années 1850 et 1880. Ce programme novateur assurait une formation cohérente et de qualité, peu importe le lieu d’enseignement.
On y retrouve une diversité de disciplines :
- instruction religieuse
- tenue de livres
- géographie (étude des globes)
- botanique et zoologie

Classification zoologique
Grâce à ce cadre pédagogique, les religieuses pouvaient offrir un enseignement stable, structuré et adapté aux besoins des jeunes.
Une visionnaire des sciences naturelles et de l’écologie
Moins connue du grand public, mère Véronique-du-Crucifix se distingue aussi par son avant-gardisme en sciences naturelles. Bien avant l’essor de l’éducation scientifique moderne, elle rédige des manuels scolaires, dont Notions élémentaires sur l’histoire naturelle, illustré de ses propres dessins.

Musée de sciences naturelles au Pensionnant Saint-Nom-de Marie (PSNM)
Dans ses écrits et sa correspondance, elle valorise l’observation de la nature et l’apprentissage fondé sur des faits reconnus. Vers 1885, elle propose même la création de musées d’histoire naturelle dans les pensionnats SNJM afin de soutenir l’enseignement des sciences.
Elle encourage la collecte de spécimens — plantes, minéraux, coquillages — pour enrichir les connaissances et éveiller la curiosité des élèves. Une approche qui fait d’elle une précurseure de l’éducation environnementale, bien avant des figures comme le frère Marie-Victorin, né en avril 1885.
Pour elle, contempler la nature, c’est aussi apprendre à aimer la création : une vision qui rejoint aujourd’hui les principes de l’écologie intégrale.
Un héritage toujours vivant
Par son engagement en éducation et en sciences, mère Véronique-du-Crucifix a profondément marqué l’histoire des SNJM. Son héritage continue d’inspirer une approche éducative qui allie rigueur, ouverture et émerveillement.