Journée mondiale des pauvres

Dix ans d’appels à la solidarité et à la dignité

« Le Seigneur est le refuge du pauvre » (Ps 14, 6). C’est sous ce thème que se déroule, le 15 novembre 2026, la 10e Journée mondiale des pauvres. Dans son message, le pape Léon XIV invite à dépasser l’indifférence pour reconnaître la dignité des personnes qui vivent dans la pauvreté et leur faire une véritable place dans nos communautés.

Cet appel rejoint une longue tradition de solidarité chez les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM), dont les engagements se poursuivent encore aujourd’hui.

Une décennie pour sensibiliser et encourager l’action

Instituée par le pape François en 2016, elle a été célébrée pour la première fois en 2017. Cette journée vise à sensibiliser les communautés chrétiennes aux réalités de la pauvreté, à favoriser les rencontres et à encourager des gestes concrets de fraternité.

Dix ans plus tard, cette invitation demeure essentielle dans un monde marqué par les inégalités, les conflits, les déplacements forcés et différentes formes d’exclusion.

Léon XIV : devenir un refuge pour les autres

Dans son message pour la Journée mondiale des pauvres 2026, Léon XIV rappelle que les personnes pauvres sont souvent privées non seulement de ressources matérielles, mais aussi de reconnaissance et de la possibilité de faire entendre leur voix.

Le pape invite ainsi les communautés à devenir des lieux d’accueil où chacun peut trouver écoute, respect et réconfort. Il insiste particulièrement sur l’importance de rencontrer les personnes en situation de pauvreté, de les écouter et de partager leurs espoirs, plutôt que de simplement parler en leur nom.

Son message rappelle également que la solidarité ne se limite pas à l’aide matérielle : elle doit s’accompagner d’un engagement envers la justice et la dignité humaine.

Le texte intégral est accessible en français, anglais, espagnol et portugais.

Les SNJM : une solidarité enracinée dans leur histoire

Bien avant l’instauration de cette journée, les SNJM avaient fait de l’accueil des personnes vulnérables une dimension importante de leur mission.

En 1847, malgré les ressources limitées de la jeune Congrégation, mère Marie-Rose Durocher répond à l’appel de Mgr Ignace Bourget en accueillant trois orphelines irlandaises touchées par l’épidémie de typhus.

Les Grandes Chroniques de la maison mère, datées du 10 septembre 1847, témoignent des conditions difficiles dans lesquelles elles arrivent :

« Elles sont couvertes de haillons et dévorées par la vermine… Elles seront confiées à mère Marie-Agnès. »

Ce geste d’hospitalité illustre une volonté d’agir concrètement devant la détresse humaine.

Grandes Chroniques de la maison mère, 10 septembre 1847

Un engagement qui se poursuit aujourd’hui

Au fil des générations, les SNJM ont poursuivi leur engagement auprès des femmes, des enfants, des personnes immigrantes, réfugiées ou vivant dans la précarité.

Éducation et alphabétisation, défense des droits, collaboration avec des organismes communautaires et participation à des initiatives de justice sociale constituent différentes expressions de cette solidarité.

À la Maison Jésus-Marie, la 22e exposition missionnaire d’artisanat, tenue en octobre, en offre un exemple récent. Les recettes de cette activité contribuent à soutenir des organismes venant en aide aux familles et aux personnes dans le besoin.

En cette 10e Journée mondiale des pauvres, l’invitation demeure la même : reconnaître la dignité de chaque personne et faire de la solidarité une réalité quotidienne, par l’écoute, l’accueil et l’action.

Extrait en date du 10 septembre 1847

Cet extrait des Grandes Chroniques de la maison mère parle de l’adoption des Demoiselles Mullen.

« Deux de nos sœurs sont allées, hier, à la Pointe-Saint-Charles, faire le choix de trois enfants. Elles nous ont amené trois petites sœurs du nom de Mullen. Mary, l’aînée, a quinze ans; Rose-Anna, la seconde, en a treize, et la plus jeune, Bridget, en a neuf. Toutes trois ont été atteintes par le terrible fléau. La maladie, la faim et la pauvreté les ont réduites à un état vraiment pitoyable. Elles sont couvertes de haillons et dévorées par la vermine. Nous les dérobons à la vue de nos autres élèves, jusqu’à ce que les bons soins leur aient donné une apparence plus avantageuse. Elles seront confiées à mère Marie-Agnès. Leur père et leur mère gisent encore sur de misérables grabats où le typhus les a cloués. Cette maladie fait chaque jour de nouvelles victimes. Espérons que les prières publiques qui se sont faites, dans tout le diocèse pour obtenir du ciel la cessation de l’épidémie, ne tarderont pas à être exaucées. »