Une semaine au Québec pour créer des liens
Vivre plus longtemps… et pleinement : changeons notre regard sur l’âge
Nous vivons de plus en plus longtemps. Le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus a augmenté considérablement, soit environ 541 millions en 1995 à 1,22 milliard en 2025. Il pourrait atteindre 2,1 milliards d’ici 2050 (source ONU). Cette évolution transforme profondément nos sociétés et nous invite à réfléchir non seulement au nombre d’années passées, mais surtout à la façon de bien les vivre.
C’est précisément l’appel de la Journée internationale des personnes âgées, célébrée le 1er octobre sous le thème « L’ère de la longévité : repenser les systèmes pour vivre plus longtemps ».
Une société à adapter à la longévité
Dans le contexte de la Décennie pour le vieillissement en bonne santé 2021-2030, cette journée rappelle l’importance de créer des environnements favorables aux personnes aînées. L’objectif est de préserver leur autonomie, de participer à la vie collective et de vivre dans la dignité.
Cela suppose bien sûr de favoriser la santé et la prévention tout au long de la vie, mais également d’adapter les services, les milieux de vie, les transports et les espaces publics. Les personnes âgées de 65 ans ou plus devraient d’ailleurs être plus nombreuses que les enfants de moins de 18 ans d’ici 2080.
La longévité nous amène donc à poser une question essentielle : nos sociétés évoluent-elles aussi rapidement que leur population?
L’âgisme : des préjugés qui ont des conséquences
Repenser nos systèmes exige également de transformer notre regard sur le vieillissement. Une enquête menée dans 57 pays révèle qu’une personne sur deux manifeste des attitudes modérément ou fortement âgistes.
Ces préjugés peuvent entraîner de l’exclusion, limiter la participation sociale et influencer la façon dont les personnes aînées sont considérées ou traitées. Les femmes peuvent en subir davantage les effets en raison de l’accumulation, au cours de leur vie, de stéréotypes liés à l’âge et au genre. Pour mieux comprendre le phénomène, on peut consulter le résumé du Guide de discussion sur l’âgisme du gouvernement du Canada.
Le sociologue Michel Billé (Journal Le Monde – 02/08/2020) nous invite justement à réfléchir aux mots que nous employons :
« J’aurai besoin d’être “pris en considération”, non pas “pris en charge” — je ne suis pas une charge! J’aurai besoin que l’on “veille” sur moi, pas que l’on me “surveille” […] Ces mots parlent bien du nécessaire changement de regard qu’il faut opérer sur la vieillesse. »
Cette distinction est fondamentale : regarder les personnes aînées non comme des « objets de soin », mais comme des personnes à part entière, détentrices de droits, d’expériences et d’une voix qui compte.
Au Québec, une semaine pour créer des liens
La réflexion se poursuit également dans plusieurs communautés québécoises à l’occasion de la Semaine des personnes aînées, du 27 septembre au 3 octobre 2026. Des municipalités et organismes proposent différentes activités pour favoriser les rencontres, faire connaître les ressources disponibles, briser l’isolement et mettre en valeur la contribution des personnes aînées. Découvrez notamment les ressources de l’AQCCA (Association québécoise des centres communautaires pour aînés).
Cette journée rejoint ainsi les valeurs de dignité, d’inclusion et de pleine participation à la vie collective chères aux SNJM. Et si l’une des premières façons de souligner le 1er octobre était tout simplement de nous demander : quel regard portons-nous sur l’âge et sur les personnes qui vieillissent autour de nous?