Un rendez-vous essentiel au Québec, un appel mondial à l’action
La Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars, demeure l’un des temps forts du mouvement féministe au Québec. Bien plus qu’une date symbolique, elle constitue un moment privilégié pour souligner les avancées, faire le point sur les luttes en cours, réfléchir collectivement, échanger, s’encourager et se mobiliser pour l’égalité. Pour le Collectif 8 mars, cette journée est un véritable levier d’action sociale et politique.
Un héritage féministe profondément enraciné au Québec
Il y a plus de 50 ans, le journal Québécoises deboutte! faisait vibrer les rues et les consciences. Ces deux mots portaient la voix d’un féminisme émergent, déterminé à se faire entendre malgré les résistances de l’époque. Être deboutte, ce n’est pas seulement se tenir droite : c’est adopter une posture politique, affirmer sa dignité et revendiquer ses droits.
Aujourd’hui encore, ce cri demeure d’actualité. Les forces économiques, politiques et sociales continuent de fragiliser les droits des femmes, de freiner les avancées et d’alimenter la peur et la division. D’une génération à l’autre, les luttes se répondent et s’entrelacent. Le féminisme se transforme, s’enrichit de la diversité et puise sa force dans la solidarité. Le thème québécois du 8 mars 2026 — Générations deboutte! — exprime clairement ce refus de tout recul et cet appel à l’engagement collectif.
Le Collectif du 8 mars, qui regroupe des organisations syndicales et féministes représentant plus de 800 000 femmes, coordonne la promotion de cette journée au Québec. L’Association des religieuses pour le droit des femmes (ARDF) y a contribué jusqu’à la fin de ses activités en 2024, et les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) y ont été engagées depuis les débuts, affirmant ainsi leur solidarité avec les luttes féministes.

Source illustration : Collectif 8 mars. Club Sexu. Illustratrice : Alex Bilodeau
Une mobilisation inscrite dans un contexte mondial préoccupant
Sur le plan international, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a retenu pour 2026 le thème : « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles ».
L’ONU rappelle qu’au deuxième quart du XXIᵉ siècle, aucun pays n’a encore atteint l’égalité juridique entre les femmes et les hommes. À l’échelle mondiale, les femmes ne bénéficient que de 64 % des droits juridiques reconnus aux hommes. Dans des domaines essentiels — travail, revenu, sécurité, famille, propriété, mobilité ou retraite —, les lois continuent de désavantager les femmes.
Si les progrès actuels se maintiennent, il faudrait 286 ans pour combler ces écarts. Un constat alarmant que l’ONU qualifie non pas de simple retard, mais de véritable capitulation.
Le 8 mars 2026 : un appel clair à l’action
La Journée internationale des droits des femmes 2026 lance un appel pressant à démanteler les obstacles structurels à une justice équitable : lois discriminatoires, protections juridiques insuffisantes et normes sociales préjudiciables. Au Québec comme ailleurs dans le monde, le 8 mars demeure une invitation à rester debout, à agir ensemble et à poursuivre la marche vers l’égalité, pour les femmes d’aujourd’hui et celles des générations à venir.