Journée internationale de l’alphabétisation

Selon les données récentes de l’UNESCO, près de 24 millions d’apprenants dans le monde sont susceptibles de ne plus retourner à l’éducation formelle à la suite de la pandémie. De ce nombre, on estime qu’il y a quelque 11 millions de filles et de jeunes femmes qui en seront privées.

La journée internationale de cette année souhaite inciter les intervenants à « repenser l’importance fondamentale des espaces d’apprentissage d’alphabétisation pour renforcer la résilience et assurer une éducation de qualité, équitable et inclusive pour tous. » Le thème de cette année « Transformer les espaces d’apprentissage d’alphabétisation » reflète cette volonté.

Puente Learning Center-1988-Source : Service central des archives SNJM

Cette journée dédiée à l’alphabétisation est l’occasion de rappeler que les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) sont toujours engagées en éducation, non seulement par les écoles formelles, mais également par l’accompagnement aux devoirs, l’apprentissage de la langue d’usage pour les immigrants et le soutien aux personnes réfugiées.

Ces actions s’inspirent de la volonté initiale de la fondatrice de la congrégation, mère Marie-Rose, d’éduquer les filles, surtout celles à la campagne qui n’avaient pas accès à des écoles ou qui devaient se contenter d’une instruction limitée aux travaux ménagers.

Dès les premiers pas de la congrégation religieuse enseignante, il y a une volonté d’offrir une variété de formations dépassant largement les matières traditionnelles comme l’écriture, la lecture, la religion et les travaux ménagers afin de permettre aux jeunes filles de développer leurs talents et leur permettre d’aller plus loin dans leurs études. Dans l’esprit de mère Marie-Rose, instruire les filles était primordial puisqu’elles assument un rôle essentiel au sein de la cellule familiale où elles peuvent aider au développement de leurs enfants et ultimement jouer un rôle dans la société.

Visitez l’exposition d’archives « Femmes audacieuses agentes de changement » pour en savoir davantage sur la diversité des actions en éducation des SNJM.

Pour la petite histoire, rappelons cet écrit important de mère Véronique-du-Crucifix, directrice des études à la fin du 19e siècle, à une époque où l’inégalité des filles face à l’instruction n’était pas considérée comme problématique tant au Québec qu’en Amérique du Nord.

Mère Véronique-du-Crucifix (Hedwidge Davignon)

« Grande question que celle-ci : Est-il bon que les femmes soient instruites, ou n’est-il pas préférable qu’elles ne possèdent que des connaissances dont elles ne peuvent se passer dans leur humble et modeste rôle de ménagère?

Nous ne craignons pas de dire que cette question est injurieuse pour les femmes, et voici ce que nous répondons : Une jeune fille doit recevoir une instruction sérieuse, solide, étendue, complète, […]. On ne doit rien négliger pour orner son esprit et développer son intelligence. […] Une solide et complète instruction est indispensable au développement des femmes, à leur coopération dans la famille et dans la société. […] Nous dirons donc aux jeunes filles : étudiez, cultivez sans cesse votre intelligence ».