Journée du chandail rose

Promouvoir l’inclusion et des milieux sécuritaires pour tous

La Journée du chandail rose trouve son origine au Canada, en Nouvelle-Écosse, à la suite d’un geste simple devenu profondément symbolique. En 2007, deux élèves de 12 ᵉ année de la Central Kings Rural High School, Travis Price et David Shepherd, ont été témoins d’un acte d’intimidation envers un élève de 9 ᵉ année qui portait un chandail rose. Choqués par la situation, ils ont décidé d’agir.

Dès le lendemain, ils ont mobilisé leurs amis et distribué des chandails et accessoires roses à l’entrée de l’école, transformant un acte d’intimidation en un élan collectif de solidarité. L’initiative a rapidement inspiré d’autres écoles à travers le pays, donnant naissance à la Journée du chandail rose, désormais soulignée au Canada le dernier mercredi de février.

Une mobilisation mondiale pour l’inclusion

Ce mouvement né dans un milieu scolaire s’est étendu bien au-delà des frontières canadiennes. Aujourd’hui, plus de 180 pays soulignent une Journée rose, célébrée le deuxième mercredi d’avril, afin de lutter contre l’intimidation et de favoriser des milieux sécuritaires, inclusifs et bienveillants pour toutes et tous.

L’intimidation : une réalité préoccupante chez les jeunes

Les données démontrent l’ampleur du phénomène. Selon UNICEF Canada, entre 31 % et 40 % des adolescents de 13 à 15 ans ont déjà subi de l’intimidation. Statistique Canada indique pour sa part que près de trois quarts des jeunes de 15 à 17 ans ont été victimes d’au moins une forme d’intimidation au cours de leur vie.

Les impacts sont encore plus marqués lorsque les gestes sont répétés. Certaines populations sont également plus vulnérables : 77 % des jeunes transgenres et non binaires rapportent avoir vécu de l’intimidation, comparativement à 69 % des jeunes cisgenres.

« Ensemble, ça fait la différence! »

En 2026, l’organisme Interligne met de l’avant la campagne « Ensemble, ça fait la différence! », qui insiste sur l’importance de la solidarité collective pour prévenir l’intimidation. Une enquête menée en 2022 révèle d’ailleurs que 43 % des personnes étudiantes LGBTQ+ au Québec se sont senties malheureuses ou déprimées en raison d’un environnement scolaire hostile.

Dans le contexte social actuel, cette campagne apparaît essentielle pour favoriser l’inclusion, particulièrement dans les milieux fréquentés par les jeunes.

 

Des outils pour agir et prévenir

Plusieurs gouvernements et organismes offrent des ressources concrètes pour soutenir les milieux éducatifs et communautaires. Le gouvernement du Québec, l’Autorité canadienne en matière de prévention de l’intimidation et l’Office national du film (ONF) proposent des outils, des guides et des vidéos adaptés aux niveaux primaire et secondaire.

Les experts soulignent également l’importance de développer des compétences socioémotionnelles, telles que :

  • communiquer et s’affirmer de façon saine
  • faire preuve d’empathie
  • gérer ses émotions
  • cultiver l’ouverture et la tolérance
  • se respecter et respecter les autres

Le Musée canadien pour les droits de la personne invite aussi à la réflexion en posant des questions simples, mais essentielles :
Ai-je déjà intimidé quelqu’un sans le vouloir? Que puis-je faire pour prévenir l’intimidation? Comment réagir si j’en suis témoin?

Cette démarche fait écho à une réflexion toujours actuelle de Ralph Waldo Emerson :

« Être vous-même dans un monde qui essaie constamment de faire de vous quelqu’un d’autre

est la plus grande réalisation qui soit. »

Source : WOKANDAPIX de Pixabay

La Journée du chandail rose nous rappelle ainsi que l’inclusion commence par des gestes concrets, et que chacun peut contribuer à créer des milieux où chaque personne se sent respectée, en sécurité et pleinement accueillie.

Source photo médaillon : Unicef Canada