Journée du chandail rose

C’est au Canada, plus précisément en Nouvelle-Écosse, qu’a eu lieu la première manifestation en faveur d’une journée du chandail rose. L’initiative en revient à deux élèves de 12e année de Central Kings Rural High School, qui entendent parler d’un acte d’intimidation à l’égard d’un élève de 9e année portant un chandail rose.

Choqués, les deux élèves, Travis Price et David Shepherd, ont choisi de passer à l’action. Ils en ont parlé à leurs amis et décidé de distribuer des chandails et articles roses à l’entrée de l’école dès le lendemain. Ce geste pour contrer l’intimidation a eu des répercussions telles qu’un grand nombre d’écoles dans le pays ont emboîté le pas. On a ainsi créé la « Journée du chandail rose » tenue le dernier mercredi du mois de février au pays.

Il a inspiré la création de « journées roses » similaires dans plusieurs régions du monde. Aujourd’hui, plus de 180 pays soulignent cette journée le deuxième mercredi du mois d’avril afin de contrer l’intimidation et favoriser la création de milieux plus sécuritaires pour toutes et tous.

Dans l’un de ses rapports récents, Unicef Canada mentionne qu’il y a de 31 à 40 % des adolescents de 13 à 15 ans qui ont déjà subi un acte d’intimidation dans leur vie. En parallèle, Statistique Canada précise que près des trois quarts des jeunes de 15 à 17 ans confirment avoir été victimes de l’une des 10 formes d’intimidation à divers moments dans leur vie. Les études démontrent par ailleurs qu’endurer la répétition d’actes d’intimidation a davantage d’impacts néfastes que des incidents inhabituels.

Le phénomène de l’intimidation touche tout le monde même si l’on constate une proportion plus grande chez les jeunes transgenres et non binaires (77 % comparativement à 69 % pour les jeunes cisgenres).

Source : WOKANDAPIX de Pixabay

Les gouvernements, les organismes parapublics, communautaires et syndicaux ont développé des campagnes et mis en place des ressources et des outils pour venir en aide et soutenir les efforts de sensibilisation. Le gouvernement du Québec a rassemblé les renseignements pertinents sur cette page alors que l’Autorité canadienne en matière de prévention de l’intimidation a fait de même. L’ONF a aussi rassemblé quelques vidéos pour le niveau primaire et le niveau secondaire sur la question de l’intimidation.

En parallèle, des organismes rappellent l’importance de favoriser le développement de compétences socioémotionnelles comme :

  • Communiquer et s’affirmer de façon saine et positive
  • Prendre conscience du vécu de l’autre et manifester de l’empathie
  • Gérer adéquatement ses émotions
  • Être capable d’ouverture et de tolérance à l’égard des autres
  • Savoir se respecter et respecter les autres

Le Musée canadien pour les droits de la personne fait état également de cette journée et propose quelques questions pour alimenter la réflexion :

Est-ce que j’ai déjà intimidé quelqu’un sans le vouloir? Que puis‐je faire pour prévenir l’intimidation? Que puis-je faire si je vois quelqu’un se faire intimider?

On y retrouve aussi une citation éloquente de Ralph Waldo Emerson qui avait constaté déjà à son époque comment le fait de résister au conformisme pouvait provoquer des gestes haineux.

  « Être vous-même dans un monde qui essaie constamment de faire de vous quelqu’un d’autre

est la plus grande réalisation qui soit. »

Source photo : Unicef Canada