25 ans plus tard : Clin d’œil sur l’expérience vécue par des SNJM à la marche du Pain et des roses

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Voilà 25 ans, avait lieu une grande manifestation qui réunissait plusieurs centaines de femmes de tout le Québec qui ont marché 200 kilomètres pour faire valoir les droits des femmes. Cette marche Du pain et des roses a été un tournant dans l’histoire des luttes féministes et dans l’affirmation de l’existence et la résistance des femmes. Elle a aussi été la source d’inspiration de la Marche mondiale des femmes organisée aux cinq ans depuis l’année 2000.

Comme Françoise David, l’instigatrice de l’événement de 1995, Sr Lise Gagnon et Sr Claudette Bastien conservent des souvenirs impérissables de cette épopée. « Déjà 25 ans! Toute une aventure à célébrer avec des souvenirs inoubliables… et pourtant avec toujours aujourd’hui, les mêmes enjeux autour du salaire minimum, du travail effectué en éducation et en santé et le soin à apporter à l’immigration », mentionne Sr Lise Gagnon qui est la seule sœur SNJM à avoir réalisé le parcours complet des 200 kilomètres.

Des revendications toujours actuelles

Tout en étant enthousiaste sur cette expérience et sur la nécessité de poursuivre cette lutte en participant aux marches subséquentes, elle admet que la « route est ardue et sera longue… » pour faire reconnaître les droits des femmes et les principes d’égalité. Elle s’est dit très touchée par le témoignage d’une dame résidant dans un bloc de huit appartements à Montréal-Nord où six femmes émigrantes travaillaient comme préposées.

« Cette zone de Montréal, reconnue comme appauvrie, sert courageusement dans les CHSLD. Avec le drame de la COVID-19, je crois que l’on commence à voir et à reconnaître un peu plus ce que représente le travail des préposées… » Tout en souhaitant que cette reconnaissance soit permanente, Sr Lise reste positive. « Ne lâchons pas! Ça va bien aller!!! »

Pour sa part, Sr Claudette Bastien, se rappelle de ses deux jours de marche dont une entière sous la pluie. « J’ai été accueillie chez une dame avec Lise Gagnon. Elle a fait sécher nos vêtements et nos souliers de marche complètement détrempées. » L’organisation de cette marche avec de nombreux chants, de l’enthousiasme, beaucoup de fraternité et d’encouragement de la part des gens qui les recevaient dans les villes ou qui les croisaient dans la rue en klaxonnant, a eu un effet stimulant sur les marcheuses, se souvient Sr Claudette.

Des avancées positives

« Nous avons été émerveillées par tant de générosité par celles qui nous accueillaient aux points de ralliement et à leurs domiciles. » Se remémorant la joie d’être arrivées et acclamées par des milliers de personnes à Québec, Sr Claudette mentionne aussi toute l’anxiété vécue par les personnes présentes qui espéraient que leurs revendications seraient répondues positivement.

La déception a été grande pour la réponse gouvernementale sur la hausse du salaire minimum qui a augmenté de 0,45 $ cette année-là et « au compte-goutte, par la suite. »

Malgré tout, les participantes s’accordent à dire que la démarche était essentielle. Car au-delà des souvenirs toujours bien vivants « le chant du “Pain et des roses” nous arrachait à chaque fois des larmes… », des progrès réels ont été réalisés tout en servant de modèle pour lancer le mouvement dans le monde entier.

Rappelons que la marche de 1995 s’étendait sur 10 jours. Cette marche à relais a réuni quatre sœurs SNJM et une amie de la congrégation qui ont marché chacune deux journées. Elle s’est conclue le 4 juin, devant l’Assemblée nationale à Québec.

Pour en savoir plus sur cet événement, consultez ces deux articles qui font un retour éclairant sur cette initiative québécoise.