En souvenir

Sœur Florence Tancrède

"Je te fiancerai à moi pour toujours, dans la justice, le droit, la tendresse, la miséricorde."
 (Os.2, 21).

Le 8 mars 2017, sœur Florence Tancrède,
en religion Jeanne-de-la-Croix,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 93 ans dont 66 de profession religieuse.
Née à Ste-Croix de Lotbinière, Québec,
elle était la 6e des 12 enfants de
Delphis Tancrède et d'Alice Bélanger.

Au retour de l'école, ce jour-là, Florence s'empresse de partager avec sa maman la merveilleuse découverte qu'elle a faite: "éternité veut dire de toujours à toujours; la maîtresse nous a dit que Jésus nous aime de toute éternité. Cela veut dire qu'il nous aime de toujours à toujours!" La grâce fait son chemin, alors que Florence passe de l'école rurale au pensionnat puis à l'École normale des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. Munie de son diplôme, elle enseigne pendant 5 ans dans sa paroisse. Elle connaît les CND et pourtant c'est au souvenir d'une amie normalienne qui lui a parlé des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie qu'elle se présente au noviciat des SNJM pour devenir religieuse.

Durant les 13 premières années, sœur Jeanne-de-la-Croix enseigne dans différentes écoles de Montréal et de la rive sud; elle anime aussi la JEC (Jeunesse étudiante catholique). Comme responsable des étudiantes au Collège Jésus-Marie, puis à l'École normale de St-Lambert, sœur Florence fait preuve de son ouverture et de ses talents d'éducatrice auprès des grandes élèves. Après l'expérience d'un projet d'accueil dans une fraternité, elle accepte le mandat de supérieure au Pensionnat de Longueuil; s'ouvre ainsi une nouvelle étape dans la vie de sœur Florence, celle du service d'autorité auprès de ses consœurs. Pendant 33 ans, aux niveaux local ou provincial, elle veille à animer et organiser la vie à Longueuil, Maison-mère, Collège Durocher, Valleyfield, Verchères, Ste-Martine, Ste-Émélie. Ce seront des années de changements, de restructuration.

"Sœur Florence était reconnue pour son dynamisme, sa clairvoyance, sa capacité d'innovation, sa ténacité convaincante au profit de l'avancement spirituel et de la joie de vivre des personnes confiées à sa sollicitude." "Sœur Florence avait la parole claire, interpelante, stimulante."

À partir de l’âge de 81 ans, sœur Florence apporte, pendant plusieurs années, aide, soutien, écoute  à ses compagnes malades ou âgées de la Maison Jésus-Marie. Lorsque ses capacités diminuent, elle poursuit sa vie d'intimité avec Dieu, disponible à Le rencontrer face à face.   

Sœur Stella Plante

"Je veux jouer pour toi! Éveille-toi harpe, cithare, que j'éveille l'aurore." (Ps 57, 9)

Le 3 février 2017, sœur Stella Plante,
en religion M.-Aline-Marcelle,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 95 ans dont 74 de profession religieuse.
Née à Disraéli, Québec,
elle était la 2e des 4 filles
de Napoléon Plante et d'Aline Pilon. 

Stella grandit à Disraeli et y fréquente le couvent dirigé par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Elle y termine ses études avec un diplôme supérieur du Bureau Central et une 9e année de musique. À la maison, de son père médecin, et de sa mère infirmière, elle apprend à aimer les soins aux malades et prévoit devenir infirmière.

A 18 ans, elle entre au noviciat des SNJM; tout lui paraît facile et elle se donne à plein. Orientée vers la musique, sœur Aline-Marcelle poursuit ses études (piano, orgue, harpe) et obtient  une maîtrise en interprétation et une licence en matières théoriques. Elle enseigne pendant 24 ans dans nos pensionnats Marie-Rose, Hochelaga, Outremont, École supérieure de musique puis École Vincent-d'Indy, où elle succède à sœur Marie-Stéphane comme directrice, elle y sera de 1967 à 1978.

« En sœur Plante, la Providence donnait à l'œuvre de sœur M.-Stéphane la personne capable de lui assurer un regain de vitalité et d'épanouissement. Jeune, intelligente, excellente musicienne, douée de tact social et de courage, elle était qualifiée pour prendre la tête de cette école en plein essor. »

Lorsqu'elle quitte Vincent-d'Indy, Sœur Stella accepte, à la demande du directeur général du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, de diriger le Conservatoire de musique de Rimouski et cela pendant 7 ans. Durant les trois années suivantes, elle sera directrice adjointe du Conservatoire de Montréal.

Puis vient le temps de la retraite. Sœur Stella exerce, à l'intérieur de la communauté, diverses fonctions: animatrice d'une communauté locale, responsable du Centre Marie-Rose dont la vocation est de faire connaître la vie et l'œuvre de Marie-Rose Durocher et les débuts de la congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Lorsqu'elle est rendue à la résidence Ste-Émélie, elle accompagne les malades dans les cliniques et les hôpitaux. A 86 ans, sœur Stella est reçue à l'infirmerie de la maison Jésus-Marie: temps d'intériorité, d'abandon. Alors que la mémoire s'engourdit, elle garde sa délicatesse, son exquise politesse, son grand amour de la musique, son ardeur à battre la mesure lorsque l'on chante!

Au cours des dernières années, la musique était pour soeur Stella, le moyen privilégié d’exprimer son être profond. Nul doute que les harmonies célestes sauront combler celle qui joyeusement, aimablement, a sans cesse recherché la  beauté.

Sœur Liliane Bourdeau

Le 21 janvier 2017, sœur Liliane Bourdeau,

en religion M. Anne-Clotilde,

 entrait à la maison du Père

 

Elle avait 81 ans dont 61 ans de profession religieuse.

Née à Ste-Clotilde de Châteauguay, Québec, elle est la cadette

de 10 enfants de Théodat Bourdeau et de Marie-Anne Boyer.

 

Liliane est issue d’une famille simple et modeste, comme elle aime le souligner. A l’âge de dix ans, elle vit l’expérience douloureuse de la mort de sa mère, mais, malgré cette épreuve, le contexte familial a favorisé chez elle son épanouissement et sa joie de vivre. Toute jeune, elle savait obtenir les faveurs de son père, profitant de son statut de cadette et de sa détermination. Elle fréquente l’école primaire à Sainte-Clotilde, et poursuit son secondaire au Couvent Saint-Chrysostome. En 1952, elle obtient son Brevet élémentaire à l’École Normale de Valleyfield. Elle débutera dès le lendemain sa carrière d’enseignante à St-Urbain, tout près de chez elle.

L’année suivante, alors qu’elle n’a que 19 ans, elle réalise un grand rêve, celui de se consacrer au Seigneur. Durant ses années d’études, elle a fréquenté les Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. C’est au sein de cette famille religieuse qu’elle choisit de vivre son rêve. Elle quitte donc sa famille pour entrer au Postulat en 1953. Elle prendra le nom de sœur M. Anne-Clotilde, lui rappelant cette terre natale où elle aimera toujours retourner pour nourrir ses racines et goûter les joies du bonheur familial. Le 22 août 1955, elle prononcera ses voeux temporaires.

Au cours des 22 prochaines années, Liliane se réalisera pleinement dans le monde de l’enseignement. Spontanée, gaie, optimiste, elle saura transmettre à ses élèves les valeurs d’autonomie, de respect de l’autre, du goût de l’étude et ce, dans un climat détendu et bienveillant. Femme d’équipe, elle était appréciée de ses collègues de travail.

Durant les 11 premières années, elle enseignera au primaire, tant à l’Épiphanie et au Collège Anastase Forget à Saint-Lambert. Entre temps, l’année 58-59 sera consacrée à la préparation de ses voeux perpétuels, à la Maison-Mère, vœux qu’elle prononcera le 6 août 1960. Puis, tout en enseignant, elle poursuivra ses études à temps partiel et obtiendra un Bac. en Pédagogie et un Bac. Ès arts.

Après 10 ans au secondaire à LaSalle, l’heure est venue de partir au large. Depuis quelque temps, elle portait un appel à aller rejoindre nos missionnaires SNJM. C’est au Brésil que son rêve allait se concrétiser. Le 22 juillet 1979, après une longue année de préparation et d’approfondissement, elle s’embarque pour répondre à cet appel pressant où elle sent qu’elle est « appelée à apporter sa petite part, pour l’avancement du Royaume ». Elle venait tout juste de terminer un Certificat en Études pastorales, au collège Dominicain.

Durant presque 15 ans, elle saura mettre ses talents de communicatrice, au niveau de la pastorale, et captiver le coeur de chaque brésilien et brésilienne, par sa simplicité, son sourire facile et contagieux, « toujours prête à nous aider », comme le soulignait dernièrement une brésilienne. Elle sera l’amie de tous et de toutes là-bas. On la manquera beaucoup après son départ.

En 1992, des problèmes de santé la ramène au pays. Elle s’investira alors auprès des immigrants, à PROMIS, puis au CASA, prolongeant ainsi sa mission qui lui tient toujours à coeur. Elle fera un deuxième retour au Brésil vers l’année 2000 mais reviendra définitivement. Ses problèmes de santé l’amèneront finalement à la Maison Jésus-Marie en 2011, où elle décédera le 21 janvier 2017.

Repose dans la Paix, Liliane! 
Le regard souriant de tes yeux bleus nous inspirera toujours!

 

Sœur Germaine Dargis

"Priez en tout temps" (Luc 21, 36)

Le 13 janvier 2017, sœur Germaine Dargis,
en religion M.-Lise-Thérèse
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 90 ans dont 68 de profession religieuse.
Née à Saint-Louis-de-France,
elle était la 4e des 13 enfants
d'Ernest Dargis et d'Aldéa Buissière.

Germaine naît dans une famille profondément croyante dont la prière est le pain quotidien:
"Chez nous la prière avait la première place: Angélus midi et soir, en commun tout en travaillant, prière matin et soir: ensemble nous nous mettions à genoux, prière pas trop longue mais en présence de Dieu. Le dimanche, mon père à 4h p.m. allait toujours faire son chemin de la croix à l'église, maman à la maison avec les plus jeunes… Les plus âgés nous étions libres d'aller à l'église."

Elle fréquente l'école paroissiale jusqu'à la 7e année, puis  travaille dans les maisons privées qui lui sont recommandées, dont celle du frère de sœur Béatrice Héon, s.n.j.m. Intérieurement, Germaine désire devenir religieuse. Le rayonnement de sœur Béatrice, en visite, l'impressionne: "J'ai été frappée par elle; je me suis dit: c'est dans sa communauté que j'entre".

Au mois de janvier de ses 19 ans, Germaine entre au postulat des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. "Je me suis sentie chez nous, rien ne m'a surprise. Chez nous, il y avait beaucoup de prières et de sacrifices. Maman nous disait: "Quand vous êtes seuls, mes enfants, priez intérieurement." Elle avait déjà une formation à la prière et au travail.  Après sa profession religieuse, elle entame une carrière de 25 ans comme cuisinière dans les pensionnats Marie-Rose, Beloeil, Mont-Royal, l'Épiphanie, Valleyfield, Longueuil et Verchères.

Après une année de ressourcement, elle est orientée vers des services diversifiés particulièrement à la maison mère, puis aux résidences de Ste-Martine et Ste-Émélie: aide aux malades, lingerie, entretien ménager, réfectoire, réception.

À mesure que sa santé diminue, sœur Germaine se sent davantage appelée au ministère de la prière.  La confidence de sa mère gardée en mémoire au long des années, prend du relief: "Toi, Germaine, tu es la 4e station dans mon chemin de croix - Jésus rencontre sa Mère." et sœur Germaine accentue sa dévotion à Marie, désirant qu'à ses funérailles un chant à la Vierge soit chanté.

Sœur Germaine, discrète, effacée et disponible a toujours donné sa pleine mesure. Elle était prête à accueillir, sous la protection de Marie, le moment du grand départ qu'elle avait bien préparé.

Sœur Marguerite Fortier

"Viens, tu comptes pour moi, tu as du prix à mes yeux et je t'aime" (Is.43, 4)

Le 24 décembre 2016, sœur Marguerite Fortier,
en religion M.-Louise-Florence,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 96 ans dont 75 de profession religieuse.
Née à St-Timothée, Québec, elle est la 13e
des 16 enfants d'Omer Fortier et de Marie-Louise Julien.

Les parents de Marguerite perdirent, en  bas âge, neuf de leurs enfants. Marguerite grandit heureuse sur la ferme de son père. Tous les soirs, après le souper, la famille s'agenouille pour la prière, et le dimanche, la voiture à cheval reçoit autant de personnes qu'elle peut en contenir pour se rendre à la messe. A la maison, ceux qui ont dû rester prient ensemble à l'heure du Sanctus annoncé par les cloches de l'église. Marguerite fréquente l'école du rang puis l'École modèle secondaire de St-Stanislas-de-Kostka puisque ses succès lui avaient permis d'y être admise. A 15 ans, elle entre à l'École normale de Valleyfield. Après deux ans, munie de son diplôme supérieur, elle travaille chez une dame anglaise pour enseigner le français à ses filles et en profiter pour apprendre l'anglais.

Dès sa première communion, Marguerite désire devenir religieuse. À 19 ans, elle réalise son rêve d’entrer chez les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Sœur Louise-Florence est douée pour l'enseignement et le contact avec les jeunes. Pendant 40 ans, du cours primaire au cours secondaire, dans quelques écoles puis dans les pensionnats Marie-Rose et Mont-Royal, elle déploie zèle, bonne humeur, compétence auprès des jeunes, ajoutant allègrement à sa tâche les activités de chant, cinéma et J.É.C. En rétrospective, sœur Marguerite a confié: "Devant ma classe, je me sentais heureuse comme un poisson dans l'eau".

En 1981, en plein mois de janvier, sœur Marguerite est enlevée à sa tâche pour prendre la responsabilité de supérieure du couvent Maplewood, à Waterloo. Pour la plus grande joie de ses sœurs et de l'entourage, elle multiplie ses activités: comptabilité, accueil à la réception, artisanat, visite aux personnes âgées et animation de la Vie Montante.

Dans ce milieu de vie, sœur Marguerite apporte une présence sécurisante. Fidélité religieuse, savoir-faire, conversation facile, vision positive de la vie, ouverture aux besoins, initiatives appropriées et dynamiques, note son ancienne supérieure provinciale. Avec sœur Marguerite, la vie est stimulante et heureuse.

Dix ans plus tard, on retrouve sœur Marguerite au couvent de Valleyfield: conseillère locale et économe, elle remplit de multiples tâches selon les besoins. La résidence de Ste-Martine verra la dernière partie de la vie active de sœur Marguerite: elle agit comme réceptionniste et rend d'autres services, tout en participant à "l'Âge d'or". 

À 88 ans, sœur Marguerite est reçue à l'infirmerie de la Maison Jésus-Marie. Elle s'y adonne au ministère de la prière, gardant sa joie communicative, qu'elle exprime de sa voix claire et chantante. Elle est prête à répondre à l'appel de son époux.

Sœur Marguerite a vécu dans la joie, mue, a-t-elle confié, par le leitmotiv: "Pour la plus grande gloire de Dieu et le salut du monde".

 

Sœur Marguerite-Marie Lecomte

«  Le juste pousse comme un palmier, même âgé, il fructifie encore,

il reste plein de sève et de verdeur » (Ps 92, 13,15).

 

Le 17 décembre 2016, sœur Marguerite-Marie Lecomte,

en religion Marie-Romuald,

entrait à la maison du Père.

 

Elle avait 102 ans dont 78 de profession religieuse.

Née à Sherbrooke, Québec, elle était la 3e des six enfants

de Romuald Lecomte et de Marie Mercier.

 

Marguerite-Marie grandit à Sherbrooke. Elle a dix ans lors du décès de sa mère. Elle étudie chez les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame à Sherbrooke, au Pensionnat de Waterville avec les Filles de la Charité du Sacré-Cœur et au Pensionnat de Warwick avec les Sœurs de l'Assomption. Elle apprend le piano à Sherbrooke avec des professeurs laïques puis l'orgue avec les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM). Lorsqu'elle décide, à 21 ans, d'entrer chez les SNJM, elle a son Lauréat en piano et un diplôme de 8e année en orgue.

Au postulat, sœur Marguerite-Marie trouve l'adaptation pénible. À la prise d'habit, elle reçoit le nom de son père, Marie-Romuald. Au sujet d'elle-même, elle ne donne pas d'autres renseignements. Pendant les 20 premières années de sa vie religieuse, sœur Marie-Romuald est professeure de piano. La liste de ses obédiences révèle des changements de mission fréquents : dans les Cantons de l'Est pendant les premières années, particulièrement La Patrie et Sherbrooke, puis en Montérégie, Hochelaga, Saint-Lambert et à l’école de Coteau-Station pendant quatre ans. « Sœur Marguerite-Marie mettait tous ses talents au service de l'éducation de ses jeunes élèves. »

Les dix années qui suivent, sœur Marguerite-Marie rend service à la procure de l’École supérieure de musique à la maison mère puis à l'École Vincent-d'Indy. Elle retourne ensuite à l'enseignement de la musique au Couvent de Valleyfield. À 70 ans, elle passe un an à Verchères comme retraitée puis revient au Couvent de Valleyfield comme organiste appréciée. Elle commence alors sa carrière d'accompagnement des malades dans les cliniques et les hôpitaux. Avec quelle attention délicate elle s'y dévoue pendant près de 20 ans.

Sœur Marguerite-Marie arrive à la Maison Jésus-Marie en juin 2006. Les dix dernières années de sa vie la trouvent attentive à aider ses compagnes.

Et de tous ses talents, l’un des plus frappants retient spécialement l'attention et notre admiration. « Elle possédait, pour notre plus grand bonheur, un don exceptionnel d'improvisation à l'orgue. Elle suscitait chez nous de l'émerveillement pour la beauté et l'harmonie des mélodies. »

Avec quel élan cette femme de 102 ans, qui remettait toute sa confiance à son Dieu, doit-elle jouer maintenant sur les orgues célestes!

Sœur Gisèle Payette

Le 7 décembre 2016, sœur Gisèle Payette

en religion Lucienne-Marie

est entrée dans la maison du Père.

 

Elle avait 89 ans dont 65 ans de profession religieuse.

Née à Montréal, Québec

elle était la 5e des 11 enfants

d’Albert Payette et de Lucienne Bélair.

 

Les parents de Gisèle voulaient une famille nombreuse. Dès leur mariage, à chaque année, jusqu’à la naissance de Gisèle, un bébé arrivait. En 1927, c’était Gisèle qui venait faire la joie de la famille. Petit poupon fragile qui le restera jusqu’à l’âge adulte. Elle fréquente l’école Stadacona et obtient son diplôme de septième année.

Elle aurait voulu continuer, mais l’arrivée d’un 9e enfant l’obligea à mettre fin à ses rêves pour aider sa mère. Ce qu’elle fit pendant cinq ans, tout en travaillant dans des usines de chocolat, de fromage, de couture où les heures de travail étaient nombreuses et le salaire minime. Gisèle était heureuse. Ses loisirs : le chant et la pratique du piano.

Elle prit de l’expérience, mais avançait en âge. Elle ne pensait pas du tout à la vie religieuse. D’ailleurs, selon elle, il fallait être « sainte » pour se faire religieuse. Sa grand-mère lui fut une aide précieuse. Elle lui conseilla de faire une retraite fermée. La lumière se fit dans son esprit et son cœur.

A 21 ans, elle entre au postulat. C’était en 1947. Elle fait ses premiers vœux en 1951 et sa profession perpétuelle en 1955.

Comment se déroulèrent ses années de vie religieuse ? Elle débute au pensionnat d`Outremont comme cuisinière. Elle le sera à la Maison-mère, à Pierrefonds, l’Épiphanie, au chalet Jésus-Marie jusqu’à l’an 2000. Un total de 50 ans à la cuisine auprès des sœurs et des élèves. C’était un exercice d’amour. Elle aimait faire plaisir et s’assurait que les personnes qu’elle servait ne manquaient de rien. Ainsi, elle montrait que Dieu continue de travailler dans le monde par son service.

En 2001, nous la retrouvons à Saint-Sauveur pour diverses tâches d’accueil ce qui lui permit de s’émerveiller devant cette nature luxuriante : les sources, les oiseaux, les fleurs. Chanter dans la chorale, quelle joie pour elle!

Sa santé fragile tient bon. Elle ira à Ste-Émélie pour des services communautaires, puis en 2012, la Maison Jésus-Marie la requiert pour le service de la prière.

Nous reconnaissons en sœur Gisèle une compagne pleine de délicatesse, de dévouement, de bonne humeur. Personne agréable, paisible, pleine de réserve, de discrétion, de retenue, avec laquelle il fait bon vivre.

Sœur Gabrielle Laberge

« Donner à chacun, en temps voulu, sa mesure de froment. » (Luc 12,42)

 

Le 18 novembre 2016, sœur Gabrielle Laberge,

en religion M.-Jean-Marc,

est entrée à la maison du Père.

 

Elle avait 96 ans dont 72 de profession religieuse.

Née à Sainte-Martine, Québec, elle était la benjamine

des 12 enfants de Banarbé Laberge et de Laure Dulude.

Gabrielle a connu une enfance comblée au milieu de sa famille. Son père, travailleur, aimant, fier, au jugement droit, était maire de la paroisse de Sainte-Martine, fondateur de la Caisse populaire et du Couvoir coopératif. C'était une personne à l'action discrète, capable de s'entourer d'hommes instruits et compétents. Sa maman, aimante et laborieuse, était une femme pieuse qui rassemblait les siens le soir, après souper, pour le chapelet en famille. Son attitude d'accueil face à un itinérant qui venait régulièrement chercher « nourriture et argent », et face à un marchand ambulant qui pouvait compter sur gite et couvert à son passage, a marqué Gabrielle pour la vie.

Elle  vécut ses trois premières années d'études à la petite école du rang pour ensuite être pensionnaire au Couvent de Ste-Martine et poursuivre plus tard à l'École Normale de  Valleyfield, institutions dirigées par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Suivront deux années d'enseignement au Jardin d'Enfance des Sœurs Grises de Beauharnois et une année à l'école du rang.

Le désir de la vie religieuse l'habitait de « presque toujours » dira-t-elle plus tard. Ses années de pensionnat, d'École Normale, la visite annuelle de sa sœur religieuse S.N.J.M., de sa tante, de quelques cousines l'amenèrent à concrétiser son appel: elle entra comme postulante S.N.J.M. en janvier 1942, prononça ses premiers vœux en février 1944 et fit sa profession perpétuelle en août 1948. Elle fut enseignante de 1942 à 1971 pour devenir ensuite directrice de 1971 à 1980.

En 1980, elle prend un retraite bien méritée qui commence par une année sabbatique sur le Plateau Mont-Royal en compagnie de trois autres religieuses. En même temps s'ouvre pour elle une nouvelle carrière: l'implication sociale. Elle sera animatrice de pastorale et s'impliquera auprès de familles défavorisées et de filles mères. Lors d'une de ces rencontres, en 1987, elle fera la connaissance d'une mère dont le fils est atteint du sida. Par la suite, elle rencontrera Julien Levasseur, intéressé à cette cause, et fondera avec lui la première maison d'accueil pour sidéens: les Hébergements de l'Envol. Elle s'y impliquera de différentes façons: réception, oreille attentive aux bénéficiaires, aide aux cuisines, collecte de fonds, assistante ou remplaçante de Julien, secrétaire parfois, responsable des bénévoles, de la pastorale... Toujours prête! 

Pour se rapprocher de son travail, elle ira vivre à la résidence Marie-Rose-Durocher. D'elle-même, elle dira:

« Ma vie chez les S.N.J.M. a été jalonnée de grâces, de prévenances du Seigneur, d'appels nombreux vers les plus démunis, de forces venues d'En-Haut pour dépasser les difficultés inévitables. »

Une phrase-clé a orienté sa vie: « Donner à chacun, en temps voulu, sa mesure de froment »(Luc 12,42).  En 2008, elle quittera la résidence et la vie active pour la Maison Jésus-Marie où le ministère de la prière va couvrir les dernières années de sa vie. Sœur Gabrielle est prête à s'émerveiller devant le Seigneur dans le face à face.                  

 

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