En souvenir

Sœur Gabrielle Cossette

"Je t'ai posée dans ma main, car je suis moi, Yahvé, ton Dieu" (Is 43, 6).

Le 9 août 2017, sœur Gabrielle Cossette,
en religion Richard-Marie,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 98 ans dont 73 de profession religieuse.
Née à Proulxville, Québec, elle est la 7e
des 14 enfants d'Henri Cossette et de Laura Lefebvre. 

Le père de Gabrielle était un cultivateur important: vastes terres, deux gros moulins l'un à scie, l'autre à farine, situés à la limite du village. "Le soir  après l'école, on allait avec papa au moulin, pour l'aider à 'cager' le bardeau et pour qu'il ne soit pas seul, au moulin, à moudre tous les grains de blé, d'avoine et d'orge pour les cultivateurs des environs," dit Gabrielle: éducation au travail et à penser aux autres.

" Ma mère avait trop d'ouvrage avec les jeunes enfants; à 13 ans, je suis restée à la maison pour l'aider, car ma sœur, Maria, est entrée au couvent. Ma mère a passé avant mes études". Gabrielle est travaillante et elle a du cœur. Alors que les autres filles ont la chance d’étudier- elles deviendront enseignantes -  elle suit le conseil de son père: ne pas laisser sa mère seule avec de jeunes enfants. Gabrielle est heureuse dans sa famille; il y règne la paix, la bonne entente, l'affection.

"J'avais toujours au fond de mon cœur, un amour profond, un appel à la vie religieuse", confie-t-elle. À 23 ans elle vient rejoindre ses trois sœurs aînées et entre au noviciat des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Sœur Richard-Marie a un attrait spécifique: prendre soin des malades. Après un essai d'un an comme cuisinière au Pensionnat Ste-Émélie, elle revient à la maison-mère comme aide aux malades, puis couturière pour l'entretien du linge des malades. Cinquante-huit années passent. Elle aime son travail, elle sait qu'elle rend service, elle peut emplir sa vie de prière. Sœur Gabrielle est "une présence significative, pleine de tendresse, d'écoute, de respect de l'autre".

"Service de nuit, service de jour: auprès des grandes malades, des opérées, des agonisantes, elle savait veiller, elle ne comptait ni son temps, ni sa peine, ni ses fatigues, elle n'écoutait que son grand cœur. Par son accueil chaleureux, par son écoute attentive, par ses délicatesses de toutes sortes, elle savait panser les blessures tant physiques que morales."

Lorsque la maison-mère ferme ses portes en 2005, sœur Gabrielle est nommée pour la seule "mission" qu'elle a connue: la résidence Ste-Émélie. Assignée aux services communautaires et au ministère de la prière, elle a 87 ans. Et lorsque la résidence Ste-Émélie doit fermer ses portes…sœur Gabrielle ne veut pas partir! Hélas, à 98 ans, elle doit rejoindre la maison Jésus-Marie: elle y a vécu six mois!

Celui qu'elle a tant aimé est venu la chercher avec "ce cœur rempli de sensibilité et de générosité"!

"Quand je regarde l'amour que j'ai reçu à la maison et auprès des malades, c'est comme si  je réentendais Dieu me dire: 'Viens, tu comptes pour moi, tu as du prix à mes yeux et je t'aime plus que tout."

Sœur Thérèse Soucy

"Je vous ai choisis pour que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure." (Jn15,16)

Le 8 août 2017, Sœur Thérèse Soucy,
en religion  M.-Hervé-de-Jésus,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 84 ans dont 63 de profession religieuse.
Née à Huntingdon, Québec, elle était la cadette
des deux filles de Hervé Soucy et d'Alexina Varin.

Thérèse grandit heureuse, avec des parents "en or", nous dit-elle, "des parents très doux, très généreux qui multipliaient les signes de tendresse, de compréhension et d'amour." Avec sa sœur et ses ami-e-s, elle joue à la messe et à l'école. A sa première communion, elle décide qu'elle fera "une sœur". Elle fréquente le pensionnat de Huntingdon, dirigée par les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame. Pensionnaire, elle poursuit ses études à Beauharnois avec les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, alors que la famille est déménagée à Howick, puis à Valleyfield, où elle termine avec facilité le cours d'École normale. Le mois suivant, elle entre au noviciat SNJM, elle a 19 ans.

Après sa profession religieuse, sœur Hervé-de-Jésus enseigne 3 ans au cours primaire, et 12 ans au cours secondaire, dans les secteurs privé et public. Son dynamisme assure son ascendant sur ses élèves. Après deux ans d'études universitaires en pastorale, sœur Thérèse est nommée agente de pastorale à la nouvelle polyvalente Baie-St-François à Valleyfield.

"J'y suis restée neuf belles années durant lesquelles j'ai découvert des réalités ignorées jusque là: problèmes de famille, inquiétudes face à l'emploi, drogue, pauvreté."

Toujours à Valleyfield, sœur Thérèse commence son implication sociale qui deviendra sienne jusqu'à sa retraite: formation d'équipes régionales de Développement et Paix, mise sur pied  d'un service de Tel-Aide, en collaboration avec le CEGEP. Demandée dans le Centre-Sud de Montréal, elle participe à la formation de cuisines collectives, lieu d'analyse et d'apprentissage à la prise en charge par les personnes marginalisées elles-mêmes. Revenue à Valleyfield, elle y implante les cuisines collectives, est nommée responsable du Service d'initiation sacramentelle du diocèse, adjointe au Directeur de l'office des paroisses pendant 5 ans. Sœur Thérèse témoigne d'une foi "concrète", joyeuse, militante, multiplie ses implications communautaires avec les personnes appauvries, ce qu'elle appelle "l'église de la rue".

De contact facile, elle est habile à saisir les besoins, inventive à dépister une solution, à susciter la collaboration: table de concertation sur la pauvreté, comité de logement, visite à domicile des aînés, comité de justice sociale, appui à des élections scolaires, municipales et provinciales, communauté de base Justice solidarité…"Sœur Thérèse a des aptitudes marquées pour l'organisation de projets, le travail en équipe et l'animation de groupes."

Les années passent, les capacités diminuent, sœur Thérèse poursuit son apostolat d'une façon bien typique: elle épluche journaux, revues, annales, sélectionne et envoie les articles aux personnes qu'elle connaît, et cela, même rendue à l'infirmerie…! Inutile de le lui interdire!
Jusqu'à la fin, lorsque le Seigneur viendra la chercher, elle aura voulu propager la Parole, porter témoignage!

Sœur Léonie Lamarche

"La joie de notre cœur vient du Seigneur
et notre confiance est en son nom très saint!"
(Ps 33,32)

Le 2 août 2017, sœur Léonie Lamarche,
en religion M.-Reine-Cécile,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 103 ans dont 82 de profession religieuse.
Née à St-Lin-des-Laurentides, Québec, elle était
la 3e des 5 enfants d'Alphonse Lamarche et de Maria Rochon.

Léonie a 9 ans au décès de sa mère et 17 ans à celui de son père. Enracinée dans la foi, elle est attirée par Dieu et, depuis toute petite, désire lui donner sa vie. D'un tempérament heureux et reconnaissant, invitée à partager sur sa vie familiale elle dit simplement: "Même étant orpheline, je fus choyée par ma parenté." Elle grandit à St-Lin-des-Laurentides et fréquente l'école et le pensionnat du village, dirigés par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. A 19 ans, elle répond à l'appel entendu et entre au noviciat  des SNJM, à Outremont, Montréal.

Après sa profession religieuse, Sœur Reine-Cécile enseigne au cours primaire, est responsable de la croisade eucharistique et des jeunes naturalistes pendant 35 ans, principalement aux école Hudon et St-Jean-Eudes. Au Mont-Jésus-Marie, elle est d'abord enseignante, puis responsable et surveillante d'élèves, réceptionniste, et enfin responsable de l'entretien des livres de la bibliothèque: elle y totalise 25 années. Elle y est appréciée: son accueil, sa fiabilité, son esprit de service sont remarqués tant par les parents que par les professeurs et ses consoeurs.

"Sœur Léonie répondait avec générosité aux demandes qui lui étaient adressées." En rétrospective, elle dira: "J'ai toujours aimé les tâches qui m'étaient assignées".

Retirée de la vie active, alors qu'elle atteint ses 100 ans, sœur Léonie chérit son ministère de la prière et le vit avec reconnaissance. Elle est prête à rencontrer son Dieu, à lui dire son "merci" dans un face à face sans cesse renouvelé.

Sœur Cécile Martin

"Soyez dans la joie et l'allégresse, votre récompense sera grande dans les cieux" (Mt 5, 12).

Le 19 juillet 2017, sœur Cécile Martin,
en religion Marie-Robert,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 89 ans, dont 65 de profession religieuse.
Née à St-David de Yamaska, Québec,
elle était la 7e enfant
de Léonard Martin et de Parména Péloquin.

Après six garçons, la 7e naissance apporte une fille: combien elle était désirée! La famille ayant déménagé à Montréal, Cécile fréquente l'école Sainte-Eulalie, puis l'école supérieure Marie-Immaculée, toutes deux dirigées par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Attirée par l'enseignement, elle poursuit sa formation à l'École Normale de Valleyfield, y obtient son diplôme supérieur et est engagée par la C.E.C.M. (Commission des Écoles Catholiques de Montréal). Elle a 21 ans.

Cécile enseigne durant un an puis, en janvier, elle entre au noviciat des SNJM à Outremont. Ses 29 premières années voient sœur Marie-Robert auprès des jeunes de la 2e année du cours primaire à la 10e du cours secondaire, d’abord comme enseignante puis comme directrice des étudiantes. Elle déploie son enthousiasme à l'école Hudon puis au pensionnat de St-Chrysostome et elle œuvrera au pensionnat Marie-Rose pendant 21 ans. Elle a une attention particulière aux  élèves pauvres, défavorisés, elle organise des camps d'été et trouve bien des façons de leur venir en aide. Son approche auprès des parents et des jeunes est des plus chaleureuses.

En 1980, sœur Cécile est nommée trésorière au Mont Jésus-Marie; résidant alors à la maison mère, elle y est animatrice de groupe, elle travaille au Service financier  et elle sert en tant que conseillère provinciale. Ensuite, elle sera  animatrice à la résidence Ste-Émélie pendant 6 ans, puis pendant 11 ans, à la Résidence Marie-Rose-Durocher, elle sert successivement comme aide comptable, responsable des réparations majeures et, les deux dernières années comme animatrice locale. Lorsqu'elle quitte cette résidence, elle retourne à Ste-Émélie pour des services communautaires avant d'être accueillie à la Maison Jésus-Marie où progressivement sa santé se détériore.

On a reconnu, chez sœur Cécile, son grand sens de l'humour, son don particulier dans l'organisation de loisirs et son sens des affaires. Elle était fan de plusieurs sports : elle aimait regarder le hockey, le baseball, le tennis.

"Sœur Cécile a vécu des temps lumineux et d'autres plus sombres. Elle a connu des chemins parsemés de souffrances qu'elle a acceptés dans la foi."  Que le Seigneur de toute paix et de toutes joies  la comble maintenant de sa présence aimante et chaleureuse!

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