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Incursion dans l’œuvre poétique et le monde de Roland Jomphe

Mary Chouinard et le Cercle des poètes de la Montérégie ont plongé l’assistance dans l’univers du poète Roland Jomphe lors de leur présentation-récital du 26 mai dernier à la Maison Jésus-Marie.

Ce fut l’occasion de découvrir un poète québécois que l’on surnommait le « chantre de la Minganie ». Décédé en 2003 à l’âge de 86 ans, Roland Jomphe était l’auteur de plusieurs recueils de poésie dont « De l’eau salée dans les veines ». Tout au cours de sa vie, il a célébré de multiples façons l’Archipel de Mingan.

Récipiendaire de la distinction « Chevalier de l’Ordre national du Québec », ce poète avait coutume de présenter des conférences aux visiteurs venus jusqu’au Havre Saint-Pierre, pour témoigner de son amour pour les îles et pour leurs magnifiques monolithes.

Mary Chouinard a témoigné de l’œuvre de cet artiste qui a baptisé bon nombre de ces monolithes en fonction de leur apparence, dans sa conférence intitulée « Un voyage dans l’univers du poète des îles ». Elle a complété sa présentation par une courte vidéo sur les Îles Mingan.

Le récital du Cercle des poètes de la Montérégie, inspiré de l’œuvre de Roland Jomphe, a suivi.  Le pouvoir des mots des poètes a permis de donner vie à des images, des émotions et des moments de recueillement.

Découvrez deux poèmes dans le fichier PDF ci-dessous.

Photos-reportage : Sr Suzanne Brault

Dialogue interreligieux : Qui est Dieu selon la foi musulmane?

Membre du Barreau de Montréal, médiatrice familiale et musulmane, Madame Samia Amor était la conférencière invitée à la troisième rencontre « dialogue interreligieux » tenue le 30 mars dernier à la Résidence Marie-Rose Durocher. Quelque 25 sœurs et personnes associées des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) ont participé à cette journée leur permettant de faire la découverte d’Allah dans le Coran, dans la doctrine religieuse et dans la pensée féministe. Elle a terminé son intervention en parlant d’Allah dans sa vie.

Allah dans le Coran

Dès le début de son intervention, la conférencière fait une mise en situation claire. Le mot Allah signifie « l’unique ».

Le Coran contient 12 chapitres (sourates) avec versets. On y trouve des dialogues et des récits où Dieu se raconte.  Ce n’est pas un récit linéaire. On parle plutôt d’une logique transversale.

Dans l’une des sourates, Allah est la lumière des cieux et de la terre. Il n'a pas de forme, pas de corps. Ses principaux attributs sont: miséricordieux et compatissant. Tous les chapitres du Coran ont cette formule. On l'évoque dans chaque prière.

Allah est un nom générique. Il est singulier, unique et sans genre. Il est Seigneur (puissant) et Maître (enseignant). On lui attribue les plus beaux noms. Il en a 99! En voici quelques-uns : l'unique, le très miséricordieux, le TOUT miséricordieux, la paix, la sécurité, le salut, le fidèle, le sécurisant, le tout-puissant qui contrôle tout...

Dans la religion musulmane, on reconnaît cinq temps de prière : matin, l'avant-midi, l'après-midi, le soir et avant le coucher. Chaque prière est précédée d'une ablution. Cependant le Coran ne dit pas comment prier.

Allah dans la doctrine religieuse

Samia Amor poursuit ses explications avec un bref survol de l’histoire de l’islam en abordant également les deux courants, apparus aux VIIIe et IXe siècles de l’ère chrétienne. Deux éléments attirent l’attention. Tout d’abord, la signification du mot « islam », soit « soumission » dans le sens de « se confier à Dieu ».  

Le second insiste sur le fait que tout est basé sur une relation de confiance. Il n’y a pas de théologie dans l’islam telle qu’on le conçoit en Occident. L’existence de Dieu dans l’islam est un postulat. On ne le questionne pas.

C’est sur la question de la diffusion du message que l’on verra naître deux courants identifiés comme « courants des sciences de la Parole ».

Le  mu'tazilime (rationalistes)

Le XIIIe siècle voit naître l’école spéculative et l’établissement d’une doctrine califale. Le mu’tazilisme se caractérise par l’introduction d’une approche rationnelle dans la compréhension du phénomène religieux. Cette pensée promeut la raison et l’existence d’une volonté humaine libre et autonome. On affirme la liberté individuelle et la justice divine (compassion et pardon).

L'a'shrarisme

Ce deuxième courant forge, en opposition au rationalisme des mu’tazilites, une doctrine de la toute-puissance divine.  Il affirme la primauté de la Révélation sur la raison. La raison est au service de la Révélation et se porte à sa défense. Dans cette perspective, l’être humain est déterminé dans ses actes, c’est-à-dire que la volonté divine est à l’origine de toute chose, y compris de l’acte humain.

Ce courant a stimulé entre autres, des écoles juridiques classiques sunnites et le mouvement contemporain wahabite. Ces écoles ont créé un dogmatisme.

Scission sunnites – chiites

Comment expliquer tout cela? S’agit-il d’une succession califale dans un cas de message prophétique? La conférencière nous signale qu’il n'y a pas de succession du prophète. Ce prophète avait quatre filles et un gendre, Ali.

Les compagnons du prophète se sont proclamé « califes ». La transmission du pouvoir califal s’est faite par cooptation. Les compagnons ont désigné un premier successeur.  Ce dernier a régné deux ans avant de désigner le deuxième calife, qui a lui-même choisi le troisième.

De l'autre côté, il y avait les filles et le gendre.  Ils ont nommé le gendre, puis ils l'ont assassiné.  De là, il y a eu une scission: les sunnites et les chiites.  Cette division politique et territoriale est venue de l'a'shrarisme, où s'est formée une branche: le wahabisme (Arabie saoudite opposée à l'Iran).  Dans sa dimension politique, cette branche représente l'islam conservateur et littéraliste. Ce mouvement essaie de conquérir des territoires entre autres, ceux des chiites.  Le terrorisme est, en partie, lié à cette dynamique.

Allah chez les féministes islamiques

Samia Amor aborde rapidement la question du courant féministe jugé pragmatique. Né en Iran, en opposition à l’ayatollah Khomeini, ce courant ne fait pas d’Allah, un objet de discussion. Il porte davantage sur des préoccupations plus concrètes, telles que :

  • Promotion de l'égalité des sexes et de la justice sociale
  • L'imamat des femmes
  • L'incursion dans l'interprétation par les femmes et fissure dans le monopole masculin

Témoignage

Dans la dernière partie de sa conférence, Samia Amor a parlé de la présence d’Allah dans sa vie. « Pour moi, Dieu est un guide et je suis l'enseignée. Le Coran est un mode de vie, un ensemble de balises et de comportements. Dieu me guide à travers le Coran, il est le maître. »

Elle explique que les commandements dans le Coran, se rapportent à Dieu et aux autres. On adore Dieu à travers la prière et les invocations. La religion se vit à travers cinq piliers où l'on reconnait Dieu et son prophète. L’un de ces piliers est celui de la prière.

« À chaque heure, on doit faire 10 à 20 minutes de lecture du Coran ou d'invocations. « C'est une façon, tout au long de la journée, de rester en relation avec Dieu », souligne-t-elle. « Dieu est présent dans ma vie à travers la prière.  C'est un rendez-vous qui me permet de me questionner sur mon agir.  Ce moment permet un recul par rapport à ce qui s'est passé. La prière est un guide justement parce qu'elle permet cette distance sur l'événement pour le comprendre. »  

Elle a parlé également de la zakat, cette obligation religieuse, liée à la justice sociale qui consiste à distribuer aux pauvres, 10 % de ses revenus. En ce qui concerne le jeûne, autre pilier de l’islam, Samia Amor précise que le Ramadan est une obligation relative. Dans les cas où on ne peut jeûner, on donne à autrui. Quant au pèlerinage à La Mecque, ce n’est pas une obligation, sauf si la personne a les moyens et la santé pour le faire.  

 « Pour moi ma vie a un sens et c'est capital. Chacun de mes gestes, qu'il soit négatif ou positif a un sens. Cette façon de faire est rattachée à un principe du Coran: pas seulement de la bienveillance mais de la bienséance, c'est une obligation. »

La conférencière reconnait que toutes les religions ont une facette du visage de Dieu. Pour elle, Marie est une figure fondamentale, axiale, prophétesse et Jésus est son fils. Chez les musulmans, Marie est un modèle de croyante parce que, même étonnée par l’Annonciation, elle a accepté de s'abandonner à Dieu.

Qu’est-ce que la charia?

À la fin de sa conférence, une des questions posées portait sur la charia. Madame Amor a affirmé que cela n’existait pas dans le Coran. Insistant sur le fait qu’il n’y a aucun code appelé « charia », elle a expliqué son origine par une doctrine construite à partir des opinions des uns et des autres. Ces éléments auraient été inclus dans la formation des imams à un moment donné. Elle a insisté sur le fait qu’on parle d’éthique en ce qui concerne la femme et le mariage dans le Coran, sans avoir de loi.

La journée, organisée par le Comité d'animation spirituelle des SNJM du Québec, s’est poursuivie avec un moment de prière à la chapelle. Les participantes ont pu communier à la spiritualité de l’islam par des prières réunissant la perception de Dieu de l’islam à celle des chrétiens. Des moments précieux et très enrichissants pour l’ensemble des participantes.

         Source : Sr Constance Létourneau

         Reportage photos : Sr Yolande Dufresne

Contrer la traite humaine, un enjeu de société crucial

Une rencontre, offerte à Longueuil en avril dernier par le Comité Justice et Paix SNJM du Québec, a été fort appréciée par les sœurs et personnes associées SNJM présentes.

À l’aide d’exemples concrets, Madame France Laforge, coordonnatrice du CATHII (Comité d’action contre la traite humaine interne et internationale) a illustré la collaboration étroite qui s’est instaurée au fil des années entre les organismes pour retracer et soutenir les victimes de la traite des personnes. « Ce type d’exemples donne du sens à mon travail et nous confirme la pertinence de notre organisation », a-t-elle raconté. 

Cette dernière a rappelé la mission de l’organisme, fondé par des communautés religieuses, dont les SNJM et des groupes de foi, voilà déjà 15 ans. Dédié principalement à la recherche, à la sensibilisation, à l’éducation sur la traite humaine à l’interne et à l’international, le CATHII a mis sur pied la Coalition québécoise contre la traite des personnes pour offrir des services aux victimes.

Au cours de sa présentation, elle a souligné les moments principaux vécus par l’organisme qui s’attaque aux questions de l’exploitation sexuelle et du travail forcé, deux formes de l’esclavage moderne. Madame Laforge a fait ressortir la motivation profonde qui a amené la création de la Coalition en 2013, soit celle de trouver une façon d’intervenir directement auprès de survivantes et survivants de la traite.

Arrimer les ressources pour mieux aider les victimes de la traite

Madame Carmen Fontaine, coordonnatrice de la Coalition québécoise contre la traite des personnes a insisté, quant à elle, sur les objectifs poursuivis : améliorer la protection et l’identification des victimes, assurer un soutien adéquat, favoriser la sensibilisation sur les enjeux de la traite et un meilleur arrimage des ressources et des services existants.

Elle a aussi abordé la question des principes directeurs où l’on reconnaît que la traite humaine est une violation grave des droits de la personne et une atteinte à sa dignité. Elle a expliqué que l’approche globale privilégiée par la Coalition tourne autour des 4P : prévention, protection, poursuite et partenariat.

Le but poursuivi est simple : développer des liens de confiance pour favoriser une collaboration étroite et une meilleure coordination entre les divers acteurs afin de mieux aider les victimes.

Le financement, un enjeu crucial

La rencontre a permis de prendre conscience des enjeux actuels, notamment :

  • en ce qui a trait aux difficultés de trouver un financement adéquat,
  • sur la pertinence de conserver une plateforme neutre comme la Coalition et surtout,
  • sur la nécessité de tout mettre en œuvre pour approfondir et bien comprendre le travail de tous les autres organismes pour être en mesure de mieux aider les victimes.

Source : Julie Tétreault

 

La peinture sur porcelaine, un art à découvrir

Exposition des œuvres de Joséphine Viau

Saviez-vous que les SNJM ont été des pionnières dans l’enseignement de la peinture sur porcelaine dans les pensionnats du Québec? Alors que cet art était florissant en Europe et dans l’Amérique anglophone, nos élèves ont été les premières, dès la fin du 19e siècle, à bénéficier de cette technique.

Sur les pièces de porcelaine importées d’Autriche, d’Allemagne et de France (Limoges surtout), elles ont exercé leur créativité à partir de modèles ou de photos d’époque. Chacune de leur œuvre exigeait trois ou quatre cuissons, sinon plus, selon les couleurs appliquées. C’est dire la patience et le temps requis pour produire ces trésors.

Exposition temporaire

L’exposition temporaire, présentée du 12 juin  au 2 septembre au Musée de la cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue à Longueuil, met l’accent sur une partie de l’œuvre de Joséphine Viau.  La fille du fondateur des Biscuits Viau était alors élève au pensionnat d’Hochelaga depuis 1881, avant de devenir religieuse SNJM en 1893.  L’exposition réalisée en collaboration avec la Ville de Longueuil, présentera des pièces sous la thématique de l’eau.

Plusieurs autres pièces illustrant son talent seront également présentées à quelques endroits à la Maison de la Congrégation, notamment dans le cadre de l’exposition d’archives SNJM 2019. Des œuvres de quelques autres sœurs artistes complèteront ce clin d’œil sur un aspect bien particulier de l’enseignement des arts chez les SNJM.

En favorisant cet enseignement dans ses pensionnats, la Congrégation a permis aux sœurs d’acquérir des compétences auprès de maîtres renommés et de les transmettre tant aux élèves qu’aux autres familles religieuses.

Qu’est-il advenu de cet art?

Il est évident que la pratique de cet art dans les pensionnats s’adressait à une élite et à des jeunes filles de la haute société de l’époque. La situation a changé avec la Deuxième guerre mondiale. L’approvisionnement en porcelaine blanche venant d’Europe s’est avéré plus difficile et onéreux.

Parallèlement, on s’est ouvert ici aux argiles locales de style faïence ou grès et aux glaçures commerciales. Plus faciles à utiliser, elles permettent de simplifier et disons-le, de démocratiser les techniques de céramique. De plus, les écoles, devenues publiques, s’adressent à une clientèle plus large. Le temps alloué aux arts ne permet plus de spécialiser les jeunes à une technique particulière.

Heureusement, il est toujours possible de stimuler la créativité de l’élève. Le jeune peut en effet modeler lui-même un objet à partir de l’argile jusqu’à sa décoration simple ou complexe. Il peut ainsi expérimenter cet art du feu, l’un des plus anciens de l’humanité.

L’élevage des grillons, une solution d’avenir?

Projet éducatif du Collège Durocher-Saint-Lambert

Depuis plus d’un an, le projet d’élevage de grillons du Collège Durocher Saint-Lambert va bon train. Ce projet s’insère dans le projet pilote La Grillonnerie des Amis de l’Insectarium de Montréal. Il s’agit d’un concept de petite ferme de grillons, implantée à titre d’outil pédagogique, afin d’initier les élèves à l’entomoculture et de les informer sur l’entomophagie, soit le fait de consommer des insectes.

Cette pratique, encore peu courante, a été identifiée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, comme une solution à certains problèmes environnementaux et de sécurité alimentaire. À travers ce projet, le Collège Durocher Saint-Lambert souhaite éduquer les jeunes vis-à-vis cette nouvelle tendance. Il se positionne ainsi comme un pionnier en la matière, étant l’une des deux écoles au Québec, participant à ce tout premier projet pilote.

 « … un apprentissage plus concret et pertinent »

« Sensibiliser les jeunes à des nouvelles pratiques permettant de résoudre certains enjeux globaux et permettre la collaboration avec des experts, sont des façons pour nous de rendre l’apprentissage plus concret et pertinent », affirme monsieur Francis Roy, directeur général du Collège.

À cette fin, un espace du Collège a été converti afin de permettre l’élevage de grillons pour que les élèves de 4e secondaire s’initient en toute sécurité à cet élevage dans le cadre de leur cours de science et technologie de l’environnement. Ils sont encadrés par leurs enseignantes et plusieurs activités pédagogiques en lien avec le thème de l’entomophagie sont réalisées.

Les élèves participent aux différentes étapes de l’élevage jusqu’à la transformation en farine. Ce processus est documenté à travers un projet de recherche où ils sont aussi amenés à réfléchir aux enjeux liés à l’entomophagie. Ils ont aussi la chance de déguster, s’ils le souhaitent, des produits à base d’insectes actuellement sur le marché.

Source : Collège Durocher-Saint-Lambert

Éducation pour les jeunes femmes : Au centre de la mission SNJM

Exposition d’archives SNJM 2019-2020

Après avoir illustré les différentes manières d’être une éducatrice SNJM avec l’exposition Éduquer pour libérer présentée l’an dernier, l’équipe d’archivistes s’est attardée cette fois-ci au fondement de la congrégation : l’accès à l’éducation des filles.

Nous avons rassemblé des éléments significatifs pour exposer et traduire l’inspiration de mère Marie-Rose en faveur d’une éducation complète. Cette belle aventure nous a fait prendre conscience de l’ingéniosité des sœurs SNJM sous laquelle se cache une détermination à toute épreuve, une patience et de l’audace!

Ainsi avec cette nouvelle exposition, nous illustrons comment les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) ont mis en place des écoles pour pallier l’absence d’institutions à une époque où il n’y avait pas de système structuré d’éducation.

Nos recherches nous ont permis de faire ressortir l’esprit d’initiative des SNJM pour amener les jeunes filles à développer leur plein potentiel et répondre à leur soif de connaissances à un moment où l’on ne leur offrait rien ou presque.

  • Les jeunes élèves désireuses d’approfondir leurs connaissances et leurs talents en musique, en arts ou en sciences ont pu compter sur les SNJM pour développer des programmes d’études
  • À l’appel de celles qui souhaitaient devenir enseignantes, les SNJM ont ouvert des écoles normales qui « ont fait école »
  • Les SNJM ont élaboré des cours de sciences domestiques pour répondre aux souhaits des familles qui voulaient que les futures femmes au foyer possèdent un bagage complet
  • En réponse aux exigences du monde du travail qui s’ouvrait peu à peu à la présence des femmes, les SNJM ont préparé des cours de sténo et dactylo puis une formation en commerce
  • Pour favoriser l’accès des femmes aux études supérieures et à l’université, les SNJM se sont affiliées à ces établissements. Elles ont fait reconnaître la formation donnée aux jeunes et/ou ouvert, elles-mêmes des universités

La nouvelle exposition d’archives illustre l’approche avant-gardiste des SNJM qui ont osé, au fil du temps, combler les lacunes scolaires par l’élaboration de programmes d’études diversifiées et la création d’institutions, du primaire à l’université. Elles ont ainsi favorisé l’autonomie des femmes afin de leur permettre de contribuer activement à l’essor de leur milieu.

Source : Geneviève Noël | Responsable du Service central des archives SNJM

Vivre une expérience de transformation intérieure

Dialogue interreligieux

Au cours de l’année 2018-2019, le comité d’animation spirituelle des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) nous a aidés à répondre à l’invitation de réfléchir sur ce que nous apprenons auprès des personnes de diverses cultures, races ou croyances religieuses.

Dans l’esprit des Actes du Chapitre général de 2006 où l’on peut lire « Nous reconnaissons la richesse qui découle du partage entre les cultures et les religions alors qu’un conflit interreligieux et interculturel menace notre monde par la montée d’une violence absurde. » p.5, les six rencontres ont ouvert les portes vers un dialogue, jugé nécessaire plus que jamais.  C’est ce qui ressort des propos du pape François, lors de sa visite au Maroc :

« …il s’agit de découvrir et d’accueillir l’autre dans la particularité de sa foi, de s’enrichir mutuellement de la différence, dans une relation marquée par la bienveillance et la recherche de ce que nous pouvons faire ensemble. Ainsi comprise, la construction de ponts entre les hommes, du point de vue du dialogue interreligieux, est appelée à se vivre sous le signe de la convivialité, de l’amitié et plus encore de la fraternité. »                                            (30 mars 2019)

« La foi est un don de Dieu »

Ces diverses rencontres ont permis d’accueillir des femmes juives, chrétiennes (anglicane et orthodoxe) et musulmanes, appelées à répondre, au nom de leur foi et de leur cheminement personnel, à la question « Qui est Dieu pour moi? »

En présentant le projet des rencontres de dialogue interreligieux, sœur Lise Bluteau a cité le mystique soufiste Ibri Arabi : « Dieu est trop grand pour être enfermé dans un credo ».

Écho semblable chez Madame Samia Amor, musulmane, témoin lors d’une de nos rencontres :

« La foi est un don de Dieu. La pluralité religieuse, la diversité des personnes, des langues et des cultures font partie du dessein divin qui nous convie à converser ensemble. Car Dieu est comme un cristal à plusieurs facettes et chacune des religions présente une facette différente. Le rapprochement entre nous permettra de voir l’ensemble des facettes. »

Des rencontres marquées par l’ouverture…

Le déroulement des rencontres a été teinté de simplicité, d’ouverture mutuelle, de dialogue et de témoignages de vie. Chaque réunion a offert un temps de prière à partir de textes où les personnes expérimentaient la rencontre d’un même Dieu. Ces femmes témoins sont devenues, le temps d’une rencontre, nos sœurs dans la foi en un Dieu unique.

Ces six rencontres ont permis de vivre une expérience de transformation intérieure. « Elles ont ouvert les yeux, l’esprit et le cœur », comme l’affirmait d’ailleurs, une participante. Elles ont aussi fait prendre conscience des éléments distincts de nos religions et d’autres, semblables. Elles ont surtout donné le goût de poursuivre le dialogue en petits groupes pour une meilleure proximité.

Source : Sr Marie-Paule Demarbre

Des nouvelles des familles syriennes accueillies à Longueuil

Voilà déjà plus de deux ans que nous avons accueilli deux familles syriennes. C’est l’occasion de vous présenter un rapide survol de leur situation.

C’est le 17 février 2017 que la famille Alhanout nous arrivait. Le père, Elyas, occupe désormais un poste de sacristain à la paroisse Saint-Antoine-de-Padoue. Il avait travaillé précédemment plusieurs mois à la Maison de chambres Chez Lise.  Ce travail en paroisse procure un milieu certainement plus familier pour un prêtre melkite!  Chose certaine, il s’y plaît.

Sur le plan financier, la situation de la famille s’améliore également. Antoinette, la mère de famille, a terminé sa francisation avec succès. Elle s’est trouvé rapidement un travail dans une petite épicerie près de chez elle. Malheureusement, faute d’achalandage, elle a récemment perdu son emploi. Elle est à la recherche d’un nouveau travail.

Le jeune Marcel, qui était venu témoigner lors du lancement de la prise de position sur les migrants des SNJM, a déniché un nouvel emploi à l’aéroport de Dorval qui lui convient bien. Son frère Michel termine quant à lui, sa première année d’études en biologie à l’Université Concordia. Il consacre tout son temps à la réussite de ses examens de fin de session.

Bref, toute la famille se porte bien et poursuit son adaptation à la société québécoise.

Une intégration réussie également pour la famille Allaham

Du côté de la jeune famille Allaham, Mousa travaille plus qu’il ne faut dans son domaine, menuiserie-ébénisterie. La maman, Miray, s’est inscrite à des cours. Elle souhaite pouvoir trouver un emploi à Services Canada à la fin de sa formation, prévue en septembre.

La petite Mira a fait son entrée en 1ère année dans une école intéressante. Elle est toujours aussi vive et enjouée. Bébé Michel a fait ses premiers pas chez lui, bien sûr, mais aussi en garderie familiale, située tout près de la maison. 

Mise à part les grippes et les « bobos » connexes à la vie en garderie et à l’école, la santé de tous est bonne. La famille se prépare à faire sa demande de citoyenneté canadienne prochainement.

Pour nous, membres du comité Chemins d’accueil de Longueuil, il est facile de rapporter ces quelques informations très positives et encourageantes. Nous n’oublions pas toutefois tout le « travail » d’adaptation, d’insertion et de renoncement que ces personnes doivent accomplir chaque jour dans un milieu neuf, étranger, loin de leur grande famille et de leur culture! 

Ce sont des personnes vraiment formidables qu’il nous faut garder dans nos cœurs et nos prières.

Source : Chemins d’accueil de Longueuil

L’éducation un puissant moyen de changement social

Retour sur la Commission de la condition de la femme de l’ONU

Déléguées par les représentantes SNJM de l’ONG (organisme non-gouvernemental) Développement et Paix, auquel sont affiliées les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie du Canada (SNJM), à la 63e édition de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, Hanane Hakkou* et Kim Piché* sont revenues encouragées par leur expérience, malgré les constats parfois troublants sur la situation des femmes dans le monde.

Ayant pour thème « Les systèmes de protection sociale, l’accès aux services publics et les infrastructures durables au service de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles », la Commission a été le théâtre de nombreuses conférences où plusieurs pays d’horizons divers étaient jumelés. Cette formule a eu le mérite de mettre en évidence les avancées réalisées dans ces pays, même si elles sont parfois très modestes et d’illustrer tout le chemin parcouru ou à parcourir, sur de nombreux aspects.

Des défis majeurs

Même dans les pays reconnus pour leurs lois favorisant l’égalité des sexes comme la Norvège et la Nouvelle-Zélande, tous font face à des obstacles universels :

  • L’incapacité de pouvoir compter sur un système pouvant mesurer et suivre les progrès de l’autonomisation des femmes de façon comparable entre les pays. De nombreux exemples ont été donnés pour illustrer que les indicateurs économiques et sociaux ne racontaient qu’une partie de l’histoire.
  • La difficulté de modifier les mentalités nourries par les traditions familiales, culturelles et sociales.

Le poids des stéréotypes s’avère plus présent qu’on ne le croit, comme l’ont constaté les deux déléguées SNJM. En Afrique, une femme restera à la maison parce que sa belle-mère croit fermement que si la femme travaille à l’extérieur, ses enfants seront négligés. Dans les pays développés ayant un programme de congé parental, on réalise qu’il est utilisé presqu’exclusivement par la femme. La croyance populaire à l’effet que la présence des femmes auprès des nourrissons est primordiale semble reléguer aux oubliettes les résultats d’études soulignant les bénéfices réels de la présence du père.

L’éducation, un moteur de changement social

Devant cet énorme défi de faire contrepoids aux préjugés et perceptions sociales, une solution est revenue constamment dans la bouche des conférenciers et des conférencières : l’éducation! Dans des pays développés comme la Suède, on multiplie les campagnes de sensibilisation sur les médias sociaux.

« Je réalise que l’éducation est LE facteur de changement pour modifier les mentalités, équilibrer les familles, favoriser une société plus ouverte, offrir de meilleures conditions à toutes et tous, considérer l’apport des femmes à l’évolution de la société et contribuer à respecter les droits des femmes », mentionne Hanane Hakkou.

Elle ajoute : « Je ne peux m’empêcher de prendre toute la mesure de la vision de mère Marie-Rose et de l’immense tâche que les sœurs SNJM ont accompli à sa suite en faveur d’une éducation pour tous, en particulier des filles démunies. Je suis très fière de voir que leurs intuitions et réalisations depuis 175 ans ont ouvert la voie tout en étant toujours d’actualité, comme en fait foi les délibérations de cette Commission », a-t-elle mentionné.

Des militantes qualifiées de « terroristes »

Au cours de cette 63e Commission, de nombreux sujets ont été abordés, de la violence faite aux femmes lors des conflits, aux questions des mutilations génitales, de mariage précoce, de prostitution et de violence faites aux personnes migrantes, sans oublier le trafic humain. Des thèmes qui ont mis en évidence le fossé entre les pays, notamment à cause des traditions et traits culturels, mais aussi par la volonté politique.

Lorsqu’on réalise que dans certains pays, le président lui-même, qualifie les femmes de « terroristes » pour la seule raison qu’elles militent pour la défense des droits des femmes, victimes de viol ou de mauvais traitements par les militaires et combattants, il y a matière à réflexion. Cet état de fait est d’autant plus alarmant qu’il semble s’étendre de la Tchétchénie à des pays en Amérique latine. Une soixantaine de femmes y sont emprisonnées actuellement parce qu’elles promeuvent les droits des femmes.  

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette expérience enrichissante vécue par les deux déléguées SNJM. Comme elles l’ont mentionné lors de leur présentation à la Maison de la Congrégation en mars dernier, il y a plusieurs motifs d’espérance et une nécessité de rester vigilantes, car comme l’a si bien dit Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.  Ces droits ne sont jamais acquis.  Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

*Hanane Hakkou, marocaine musulmane, vit au Québec depuis 19 ans. Elle assume les fonctions de contrôleure des finances au sein de l’administration générale de la congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM).
*Kim Piché œuvre au sein de l’Office de la pastorale sociale du Diocèse de Montréal à titre d’adjointe et coordonnatrice pour le réseau anglophone.

Partagez le chemin

Au cours du Carême, Développement et Paix a choisi comme thème de sa campagne : « Partagez le chemin ».

Dans le monde, 68,5 millions de personnes ont été forcées de quitter leurs maisons, et même leurs pays, pour plusieurs d’entre elles. C’est un contraste avec le Canada qui compte une population de 37 millions de personnes.

Développement et Paix se joint au pape François et aux Nations Unies pour nous demander d’accueillir ces gens en migration. Il nous presse de développer une « culture de la rencontre ». Il nous rappelle que quand nous accueillons une personne étrangère, c’est Jésus que nous accueillons.

Visionnez une capsule vidéo ici.

Durant le Carême, nous avons partagé l’expérience de nos premières rencontres avec des individus d’une autre culture, soulignant combien nous avions été bénies et enrichies par ces rencontres. Une dame venue du Ghana nous a confié que les premiers mots qu’elle a entendus étaient : « Bienvenue, mon pays est maintenant ton pays. » Cette femme travaille désormais avec des réfugié.es. Elle les invite dans son pays et continue de partager son expérience.

Tous et toutes, nous sommes invités-es à nous solidariser avec nos frères et sœurs par la prière, la participation aux campagnes de financement par des marches, des dons; et s’il nous arrivait de rencontrer, face à face, une personne déplacée venue au Canada, disons-lui: « Bienvenue! » 

Source : Madame Dorothy Guha

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