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« Puissent nos vies en être renouvelées! »

Journée de la Vie consacrée à Longueuil  

Les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) accueillaient les personnes et les groupes consacrés du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, à l’occasion de la Journée mondiale de la vie consacrée, le 2 février dernier à la Maison Jésus-Marie.

Pour les circonstances, sœur Lorraine Caza, c.n.d., et le père Michel Proulx, o. praem, ont conçu leur présentation autour de trois lettres circulaires du pape François, adressées récemment aux personnes consacrées.

La seule évocation de leurs titres : Réjouissez-vous, Scrutez, Contemplez, constitue en soi une interpellation signifiante.

Réjouissez-vous des avancés du concile Vatican II. Soyez à l’écoute pour reconnaître la Présence de Dieu et en témoigner par une vie fraternelle et une attention aux situations de notre monde.

Scrutez les horizons de votre vie et de votre temps par une attention vigilante. Scrutez la nuit pour découvrir le feu qui illumine et guide, scrutez le ciel pour reconnaître les signes de bénédictions…

Contemplez au cœur de votre quotidien. Que votre quête soit amoureuse. Demeurez malgré les nuits et les combats pour entendre le murmure de Dieu (tout comme Élie). Regardez Dieu pour voir le visage des humains et des autres créatures.

Après un moment d’échange, une pause et une remontée dans le groupe, vient le temps de l’action de grâce : la célébration eucharistique présidée par l’abbé Jean-Pierre Camerlain, vicaire épiscopal aux affaires canoniques et chancelier au diocèse Saint-Jean-Longueuil. Il est assisté de huit prêtres concélébrants.

Le 175e anniversaire de la fondation de la congrégation des SNJM est souligné par une intention de prière et un bouquet de roses, déposé au pied de la statue de mère Marie-Rose.

Simone Perras, s.n.j.m.

Reportage photos – Sr Gisèle Lalande

Rétrospective de l’année 2017 - Des moments forts, émouvants et stimulants

L’année 2017 a été pleine de rebondissements, d’événements inattendus, de rencontres enrichissantes et d’activités diversifiées pour les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM). Avec un tel terreau, il est toujours difficile de s’attaquer à une rétrospective.

Cette fois-ci, pour nous aider à faire ce retour sur l’année, nous avons choisi de vous présenter 12 moments mémorables survenus en 2017. Mémorables pour la reconnaissance, le rayonnement mais aussi pour leur volet historique en cette année marquée de grandes commémorations pour Montréal et bien d’autres organisations.

Voici donc notre rétrospective de l’année 2017 :

1. La présence de la chorale SNJM à l’émission En direct de l’univers

Difficile de passer sous silence cette aventure qui a mis en vedette la chorale SNJM à une émission de télévision de grande écoute. Cela a également permis de rappeler avec éclat que l’animatrice Julie Snyder était une ancienne étudiante des SNJM et « fan » de Mère Marie-Rose à son adolescence!

2. Entrevue significative avec une religieuse engagée auprès des prisonniers

L’entrevue de Sr Phyllis Douillard au Catholic Register a fait ressortir son engagement auprès des détenus souvent impliqués dans le trafic sexuel. Cette enseignante qui milite contre la traite humaine, a attiré l’attention sur certaines problématiques vécues dans le milieu carcéral dont celui du sous-financement des programmes de soutien et de responsabilisation et le rôle des aumôniers. Voilà un autre exemple d’engagement des SNJM.

3. Mérite diocésain à une associée SNJM

L’hommage rendu par le Diocèse Saint-Jean-Longueuil à madame Dorothy Guha, une associée SNJM depuis très longtemps, a mis en évidence le travail et l’engagement constant de cette citoyenne dans sa communauté. Une belle façon de souligner la présence et l’apport de personnes associées qui poursuivent la mission SNJM dans leur milieu respectif, en cherchant à répondre aux besoins.

4. Solidarité internationale contre la traite humaine avec Talitha Kum

Représentant le CATHII (Comité d’action contre la traite interne et internationale) où elle milite depuis sa fondation en 2004, Sr Claudette Bastien, snjm, a participé à la rencontre internationale Talitha Kum à Rome. Elle y a fait des rencontres stimulantes et découvert l’impact positif de cette solidarité internationale dans les actions posées au quotidien. Petit rappel pour démontrer et réaffirmer l’engagement toujours actuel des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) qui ont adopté une prise de position collective contre la traite humaine en 2004.

6. Une nouvelle page d’histoire s’écrit pour la Résidence Sainte-Émélie

Les retrouvailles à Sainte-Émélie a réuni des participantes et participants du quartier Hochelaga-Maisonneuve et d’ailleurs. Ces personnes en ont profité pour renouer contact avec les sœurs et partager de nombreux souvenirs. Cette journée festive a également permis de rappeler tout le chemin parcouru par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) dès leur arrivée dans le quartier en 1860 et plus particulièrement à Sainte-Émélie.

6. Accueil d’une troisième famille de réfugiés syriens

Jusqu’à ce jour, les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) ont parrainé trois familles de réfugiés syriens avec des partenaires du milieu. L’arrivée de cette troisième famille offre l’occasion de bâtir des ponts entre les chrétiens et les musulmans. Retour sur l’histoire de cette nouvelle famille et de leurs premiers pas en sol québécois.

7. Hommage aux SNJM lors des festivités de la paroisse de la Nativité

La commémoration des 150 ans de la paroisse de la Nativité à Montréal a été l’occasion de rendre hommage aux congrégations religieuses dont les SNJM, très engagées dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, en éducation et pastorale depuis 1860. Les organisateurs ont également salué l’apport des femmes dans les filatures de coton du secteur en inaugurant officiellement la Place des Tisserandes.

8. Reconnaissance aux SNJM à Saint-Bruno

Lors d’une célébration commémorant le 175e anniversaire de la paroisse Saint-Bruno, on a souligné l’apport des SNJM qui ont débuté leur engagement dans cette municipalité en 1918. Les représentantes de la congrégation ont eu l’opportunité de rencontrer et d’échanger avec les anciennes et anciens élèves de même qu’avec les parents de ces derniers. Autre belle occasion de rappeler la diversité des engagements des sœurs qui ont enseigné et contribué aux activités pastorales de multiples façons.

9. Participation des SNJM à la représentation des Archives à voix haute

L’année 2017 a permis aux Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie de faire rayonner leur contribution dans les quartiers Hochelaga-Maisonneuve-Viauville. Ainsi dans le cadre d’une activité de lecture publique de documents d’archives, présentée dans le contexte des festivités du 375e anniversaire de Montréal, le service central des archives SNJM a retenu des extraits publiés dans un journal local faisant référence à des leçons d’histoire préparées par l’Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve en collaboration avec des professeurs dont Micheline Collin, snjm.

10. Une expérience de solidarité au lancement officiel de la prise de position collective en faveur des migrants et personnes réfugiées

Les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie du Québec ont préparé une activité de lancement officiel de leur prise de position en ralliant des organismes du milieu pour présenter un portrait de la situation vécue par les réfugiés et les migrants sur la Rive-Sud de Montréal. Les interventions des divers partenaires ont captivé l’assistance nombreuse. Un grand moment permettant de réaliser que les SNJM étaient bien actives dans ce dossier qui concerne toute la communauté mondiale.  

11. Visibilité des SNJM à l’exposition « 375 ans au cœur de l’action »

Parmi les nombreuses activités organisées dans le cadre des 375 ans de la Ville de Montréal, il y a eu la présentation de l’exposition « 375 ans au cœur de l’action » à la Maison Saint-Gabriel. Cette exposition a dévoilé les nombreuses facettes de la contribution des congrégations religieuses féminines à la ville de Montréal. Parmi la douzaine de congrégations religieuses participantes, on retrouvait évidemment, les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, première congrégation de religieuses enseignantes fondée par une Canadienne.

12. Première mondiale d’une symphonie rendant hommage à la Bienheureuse Marie-Rose Durocher

L’Orchestre symphonique de Longueuil (OSDL) a présenté en première mondiale l’automne dernier, la première symphonie d’un compositeur russe. Ce dernier a conçu son œuvre musicale pour rendre hommage à deux personnages clé de Longueuil dont Mère Marie-Rose. Une belle marque de reconnaissance à la fondatrice des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM)

 

Une petite touche SNJM à la pièce de Michel Tremblay chez Duceppe

La plus récente création de Michel Tremblay est présentement à l’affiche chez Duceppe jusqu’au 3 février prochain. Cette pièce nous replonge dans l’univers de l’auteur dans les années cinquante, campé rue Fabre, sur le Plateau Mont-Royal. Curieux de tout et très tenace, le gamin bombarde son entourage de questions sur la littérature, le cinéma et… la religion! Les divers personnages dont la mère Nana, la grand-mère, le père et la sœur directrice de l’école auront bien de la difficulté à répondre aux questions incessantes du jeune Michel.

La pièce qui a reçu de nombreux éloges depuis la générale, permet à Michel Tremblay de dépeindre de magnifique façon, la société qui l’a vu grandir. Les conversations et dialogues pétillants, teintés d’humour, d’innocence et de bon sens fournissent un superbe moment de théâtre avec des comédiens fabuleux.

Pour la petite histoire, il faut souligner que la costumière est venue au Centre Marie-Rose afin de confectionner le costume de la sœur directrice le plus vraisemblable possible avec celui porté par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM), très présentes à l’époque, dans les quartiers de l’Est de Montréal. Mise à part les petites libertés quant à la coiffe afin de permettre de mieux voir le visage de la comédienne, le travail a été bien fait, si l’on se fie aux remarques des sœurs ayant vu la pièce.

Pour avoir un bon résumé de la pièce présenté par le comédien Henri Chassé, cliquez ici. Pour tous les détails et acheter vos billets, cliquez sur ce lien.

Se sensibiliser à la traite humaine au quotidien

Du premier janvier au 8 février 2018, une campagne de sensibilisation et d’intentions de prières a été orchestrée par le comité anti-traite du Réseau Justice et Paix SNJM. Les sœurs, les personnes associées SNJM, les laïques consacrées et toute personne sensible aux valeurs SNJM sont invitées à participer de façon individuelle ou collective à cette démarche pour contrer le phénomène de la traite humaine.

Cette initiative s’est inspirée de l’invitation des évêques américains aux fidèles à souligner la lutte contre la traite de diverses façons. Le projet a pris la forme d’un calendrier d’intentions de prières réparties aux divers groupes au sein de la congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM).

Ces intentions de prières peuvent également servir de réflexion et de sensibilisation aux diverses facettes de ce phénomène qui touche toutes les sociétés, y compris au Québec et au Canada. Il a été conçu sous la forme d’un calendrier mais peut être utilisé de diverses façons et adapté selon les circonstances pour suggérer des intentions lors d’un temps de prière, apporter un moment de réflexion lors d’une réunion, etc.

Parmi les intentions, en voici quelques-unes :

  • Pour les victimes de la traite qui ne peuvent plus voir leur famille.
  • Pour les gens qui cherchent des membres disparus de leur famille.
  • Pour les personnes exploitées en milieu agricole.
  • Pour les gens qui sont sans ressources dans un autre pays à cause de la traite.
  • Pour les jeunes fugueurs dans leur vulnérabilité face à l'exploitation sexuelle.
  • Pour les rêves brisés des victimes d'arnaque qui sont soumis au travail forcé.
  • Pour les personnes qui écrivent des lettres aux membres du gouvernement afin de militer pour des lois plus justes.

Vous trouverez la version bilingue de ce calendrier sous la forme d’un fichier PDF, ci-dessous.

Un voyage en exil…

Comment ressentir ce que vivent les réfugiés? Peut-on réellement comprendre les dilemmes auxquels sont confrontés des milliers de personnes réfugiées dans le monde? Quels sont les enjeux de la crise migratoire? Voilà les aspects qui ont été abordés lors d’une journée de sensibilisation et de conscientisation à l’expérience des réfugiés et réfugiées, le 9 décembre dernier.

Organisée par le Service jésuite des réfugiés (Canada), cette journée a fait vivre des émotions fortes aux personnes participantes tout en fournissant des informations plus pertinentes que jamais pour comprendre ce phénomène de la migration forcée.

Quizz

Avant même de se plonger dans une expérience de simulation pour bien saisir ce que ressentent les réfugiés, il faut évaluer l’ampleur de la situation. D’après vous, combien de personnes deviennent réfugiées par minute dans le monde?

Vous donnez votre langue au chat? Ne vous en faites pas, vous n’êtes pas unique dans ce cas. La réponse est simple et terrible, à la fois. Le chiffre magique est 24. Et oui, on compte 24 nouvelles personnes réfugiées par minute, dans le monde. Il en résulte un chiffre encore plus terrifiant pour l’année : 65 millions de personnes réfugiées ou déplacées.

Ces réfugiés proviennent principalement de la Syrie, de l’Afghanistan, de l’Irak, du Yémen au Moyen-Orient; de la Somalie, du Soudan, de la République démocratique du Congo, de l’Érythrée en Afrique; du Honduras, du Salvador, du Guatemala et d’Haïti, en Amérique centrale.  86 % de ces personnes se dirigent naturellement vers des pays émergents à moyen et faible revenu. Ainsi, le Canada a reçu seulement 1 % des personnes réfugiées en 2017, soit 65 000.

Exercices de simulation révélateurs

Les personnes participantes à cette journée de sensibilisation et de conscientisation ont été appelées à vivre deux exercices spécifiques que vous pouvez reprendre chez vous, avec des membres de votre entourage.

Le premier vous invite à vous situer dans la peau d’une personne réfugiée avec l’obligation de choisir rapidement 10 effets, jugés primordiaux à apporter avant de vous enfuir. Quels seraient-ils pour vous? Puis, les animateurs demandent aux participants d’en éliminer quatre. Et finalement, sur les six articles restants, vous ne pouvez conserver que trois d’entre eux!

Comme le souligne Julie Tétreault, coopérante au Secteur-Missions des SNJM, « il n’y avait pas de bonnes réponses puisque chaque cas est différent. » Malgré tout, cela illustre bien le premier choc vécu par ces personnes réfugiées, qui, ne l’oublions pas, doivent réagir promptement, dans un environnement hostile.

L’animateur Norbert Piché a par la suite, amené les membres de l’assemblée à choisir parmi les trois options de départ suivantes :

  • Partir pour un voyage périlleux avec tout ce que cela comporte en dangers, que l’on songe aux contrebandiers et à la précarité extrême…
  • Opter pour le camp de réfugiés temporaires avec les dangers de viol, de sida, d’infections, de chaleur extrême, sans conditions sanitaires adéquates, etc.
  • S’établir en zone urbaine avec les risques d’exploitation et de discrimination sans la possibilité d’obtenir un permis de travail rapidement, etc.

Pour chaque option, deux personnes de l’assistance ont accepté de jouer le rôle de ceux et celles devant tout quitter.

Expérience émouvante

En parallèle à l’expérience de ces personnes, il y a eu, dans chaque groupe, le témoignage de personnes réfugiées ayant vécu réellement ces diverses options. Leurs récits sont devenus plus concrets, plus ressentis tout en donnant du poids à l’expérience de simulation. Comme en témoigne, Julie Tétreault, ce fut pour le moins intense.

« C’était très émouvant. Je me suis sentie seule, abandonnée. Ma vie n’avait pas beaucoup de valeur, je me sentais désespérée. » 

Dans la seconde partie de la rencontre, il y a eu le témoignage de Myriam, réfugiée, originaire de la Syrie et de Jean-Marie, seul survivant de sa famille au génocide au Rwanda.

« La migration n’est pas un problème mais la solution »

Au cours de la présentation de Jean-Claude Icart, de l’Institut d’études internationales de Montréal, les gens présents ont eu droit à de nombreuses informations sur les enjeux migratoires et sur les solutions potentielles.

Ce dernier a parlé entre autres, des personnes victimes d’une dégradation de leur environnement et d’apatrides. Il a également souligné le projet de Pacte mondial sur les migrants et réfugiés, prévu en 2018 à l’ONU et duquel, les États-Unis se sont retirés dernièrement.

Parmi les nombreuses informations divulguées au cours de cette rencontre, la phrase du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a eu beaucoup de résonnance pour le groupe du Secteur-Missions. « La migration n’est pas le problème, mais la solution. Elle est inévitable et ne s’arrêtera pas. »

Rappelons qu’outre Julie Tétreault, on retrouvait parmi les participantes représentant le Secteur-Missions, Jacqueline Aubry, Hélène Harvey et Miquelina Salva, secrétaire.  

Photo de groupe : De gauche à droite, on reconnaît Miquelina Salva, Hélène Harvey, Julie Tétreault et Jacqueline Aubry.

UN AUTRE REGARD SUR LA VIE RELIGIEUSE – Partie 2

S’ouvrir à d’autres horizons… House of Peace

Comme vous le savez, depuis quelques années, j’ai la chance de vivre avec des femmes provenant de différents pays et de religions diverses à la maison House of Peace, au Manitoba. C’est une grâce inattendue de pouvoir vivre ensemble en respectant les différences et en reconnaissant la richesse de l’autre. Jour après jour, nous bâtissons des ponts qui nous unissent et éloignons les barrières qui nous séparent.

Pour y arriver, il m’a fallu quitter physiquement les gens que j’aime, vivre beaucoup d’insécurité, accepter d’apprendre une langue étrangère à la mienne. Aimer sans attentes et accepter ma vulnérabilité de ne pas toujours être en mesure de répondre aux besoins exprimés ou de bien comprendre le besoin de l’autre parce que nous ne parlons pas le même langage.

Par contre, nous parlons toutes le langage de la compassion et de la communion et cela nous unit. J’ai quitté ma zone de confort pour m’ouvrir, sans le savoir à l’avance, à quelque chose de plus grand et de plus humain.

Créer l'avenir de la vie religieuse

Ces expériences me permettent de croire à la vie religieuse. Elles me donnent le courage de créer l’avenir de demain et de prendre les risques nécessaires pour répondre aux besoins de notre monde. Quand la peur surgit et que le défi semble irréalisable, je m’appuie sur ma foi en sachant que Dieu a toujours été présent dans le passé, qu’il l’est aujourd’hui et qu’il le sera à l’avenir.

Je crois sincèrement que nous pouvons encore entreprendre une réflexion profonde dans un abandon à l’Esprit Saint qui saura nous guider. Avons-nous le courage de le laisser agir et de le laisser nous déstabiliser encore une fois? Oui, je suis convaincue que nous le ferons dans un avenir rapproché.

Huguette Fleurant, s.n.j.m.

UN AUTRE REGARD SUR LA VIE RELIGIEUSE - Partie 1

Mon expérience à Santa Cruz en Californie

L’hiver dernier, quelle ne fut pas ma surprise de recevoir d’un groupe de sœurs de la province U.S. - Ontario une invitation à me joindre à elles pour mieux faire connaissance, pour créer une solidarité entre nous et pour réfléchir ensemble sur l’avenir de la vie religieuse. Ce rassemblement existe depuis douze ans et regroupe des sœurs de notre Congrégation qui sont entrées en communauté après 1970.

Cette rencontre s’est déroulée à Santa Cruz et comptait 28 sœurs en provenance du Canada, du Pérou et des États-Unis. Comme vous pouvez imaginer, nous sommes aussi préoccupées par l’avenir de notre communauté SNJM. Cette rencontre fut habilement animée par sœur Joan Stedman de la congrégation Holy Cross. 

Les partages en petits groupes ont été passionnants parce que les questions étaient bien ciblées et claires. Nous avons été invitées à répondre aux questions : Quelle est l’essence, la spécificité de la vie religieuse aujourd’hui? Qu’est-ce qui nous distingue des autres?

Un autre moment fort fut de prendre connaissance des trois dimensions du leadership (canonique, relationnelle et organisationnelle). Par la suite, on nous a demandé de nous situer personnellement en révélant nos forces et nos limites.  Sœurs Lynda Haydock et Guadalupe Guajardo ont ensuite partagé leur expérience de leadership au niveau général et provincial.

Une vidéo m’a beaucoup questionnée sur notre avenir SNJM : Comment les loups changent les rivières? Si la curiosité vous prend d’en savoir plus, allez la regarder sur Google, c’est facile d’accès, taper simplement « comment les loups changent les rivières » ou simplement, cliquer sur ce lien. La vidéo est sous-titrée en français. Si des loups ont été capables de changer l’écosystème d’un parc, imaginez tout ce que nous pouvons parvenir à changer. 

Avant de nous quitter, nous avons aussi pris le temps de répondre à une autre question qui demandait un engagement de notre part: À la lumière des défis à relever face à mon ministère, à ma vie religieuse, sociale et politique, comment je me sens appelée à y répondre, quelle action je peux entreprendre?

Nous avons terminé notre session par une longue méditation-contemplation qui fut très nourrissante.  Prochain rendez-vous en juillet 2019.

Le témoignage de nos devancières  

La période que nous traversons présentement n’est pas quelque chose d’unique, de nouveau.  Je suis persuadée qu’une institution est souvent confrontée à des moments de crise, d’inquiétude, de questionnement et de transition.

Quand je pense à la mort de Mère Marie-Rose, les sœurs ont probablement posé les mêmes questions que nous aujourd’hui.  Qu’allons-nous devenir? Qui pourra assumer un leadership approprié en ce temps de transition? Qui nous rassemblera, nous unifiera dans la mission? 

J’ai poursuivi ma réflexion en lisant deux livres dont l’un concernait la vie de sœur Véronique-du-Crucifix (The Hope of the Harvest) et l’autre, la vie de sœur Thérèse-de-Jésus (Called to Cast Fire). J’ai été grandement touchée par leur audace à faire avancer la communauté, à prendre des décisions courageuses pour assurer la survie de celle-ci. Devant l’adversité et des moments troublants, elles ont tenu bon, elles se sont tenues debout et elles ont pris des risques.

Tout comme celles qui nous ont précédées, les déléguées au dernier Chapitre général ont affirmé leur foi en l’avenir de la vie religieuse. Je partage cette foi mais exprimée et vécue dans des structures différentes qui nous permettraient de répondre adéquatement aux besoins de notre monde.

Le pape François a invité les communautés religieuses à ouvrir grandes leurs portes et à changer leurs structures afin de mieux accomplir la mission à laquelle elles sont appelées.

Un rêve

Parfois, je rêve qu’un groupe de sœurs convaincues d’un avenir possible de la vie religieuse s’unissent pour réfléchir et se poser les questions suivantes : si Mère Marie-Rose venait à l’une de nos rencontres sur l’avenir de la vie religieuse, à quels besoins répondrait-elle? Quels cris de personnes démunies et opprimées entendrait-elle? Par quels signes des temps serait-elle interpelée? À quelle mission nous convierait-elle?

Des réponses déstabilisantes peut-être, car elles nous amènent à quitter notre zone de confort pour aller dans un milieu inconnu et exigeant. Remarquons que nos peurs immédiatement surgissent : l’âge, le goût d’une retraite bien méritée, la peur de l’avenir, de l’inconnu, la peur d’être incompétente, etc.

Nous retrouvons sûrement dans les réponses de Mère Marie-Rose une invitation à répondre à la crise des réfugiés, à accompagner les gens dans leur soif de sens et de spiritualité, à nous ouvrir au dialogue interreligieux, à protéger notre environnement, à ouvrir nos portes à d’autres pour réaliser notre mission et apprendre à vivre ensemble.

Je suis persuadée que si nous répondons à ces quelques besoins d’aujourd’hui, des jeunes personnes viendront nous rejoindre et les communautés pionnières se créeront d’elles-mêmes.

Huguette Fleurant, s.n.j.m.

Rassemblement automnal SNJM sous le thème : « ouvertes à la transformation »

À l’occasion du premier rassemblement provincial de la nouvelle saison, les membres de l’équipe de leadership provincial SNJM ont dévoilé le thème de l’année : « ouvertes à la transformation ».

Après avoir été appelées au cours des deux dernières années, à « ouvrir nos portes sur l’avenir et sur la vie », le contexte actuel se prête parfaitement à ce thème évocateur comme l’a expliqué sœur Denise Riel, animatrice provinciale.

Cette dernière a précisé les raisons de ce choix, notamment par :

  • Les expériences de nombreux deuils expérimentés au quotidien : vieillissement, décès trop nombreux, changements de résidence, etc.
  • Les événements sociaux dont l’arrivée de personnes réfugiées, les désastres écologiques, la violence, la corruption, etc.

« C’est autant de situations qui nous appellent à nous ouvrir à la transformation », a-t-elle mentionné.

Trois priorités

Trois personnes ont parlé de leur expérience de situations difficiles dans leur vie qui ont été source de transformation. Ces témoignages, touchants de vérité et d’espérance, ont suscité réflexion et échanges en petits groupes.

En plénière, en regard aux témoignages et discussions, les participantes ont confirmé la pertinence du choix du thème à ce moment-ci de l’histoire de la congrégation.

Les membres de l’Équipe de leadership provincial ont présenté, par la suite, les trois priorités retenues pour développer le thème, invitant chacune à implanter, dans son quotidien, l’ouverture à la transformation :

  • Un autre regard sur la vie religieuse
  • Un pas de plus vers les migrants et les réfugiés
  • Des communautés vertes en devenir

La rencontre s’est poursuivie avec la présentation d’un rituel qui invite à profiter de l’entrée dans une nouvelle année pour reconnaître le don de Dieu dans son histoire personnelle et communautaire et à rester ouvertes à l’avenir qui vient.

Au moment de l’envoi en mission, un feuillet a été remis à chaque personne avec cet appel : « Laissons Dieu nous transformer et nous donner une intelligence nouvelle » (rom. 12,2)

Une collation à la fin de la rencontre a favorisé les retrouvailles et les échanges. Ce fut une rencontre réussie notamment, pour l’énergie insufflée.

Reportage photos – Sr Gisèle Lalande – Sr Pat O’Neill

Mobilisation des SNJM en faveur des personnes migrantes et réfugiées

Pouls de la situation sur la Rive-Sud

Ne pouvant rester insensibles à la crise mondiale de la migration et à la polarisation des propos anti-immigration, les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) ont dévoilé leur prise de position collective en faveur des personnes migrantes et réfugiées. Elles ont accompagné la parole au geste en sollicitant la collaboration d’organismes pour brosser le portrait de la situation sur la Rive-Sud, dans un contexte où le nombre de familles de réfugiés et de demandeurs d’asile s’est accru de façon exceptionnelle ces deux dernières années.

 « Nous sommes conscientes de l’importance de nous sensibiliser et de sensibiliser toute la population à la réalité vécue sur le terrain afin de remettre les choses dans leur juste perspective », a mentionné Sr Denise Riel, animatrice provinciale des SNJM. Dans le contexte actuel, l’animatrice provinciale des SNJM pour le Québec souhaite que les citoyens de la Rive-Sud « découvrent les petits et grands succès des expériences vécues par les divers organismes tout comme les défis auxquels nous sommes tous confrontés : migrants, réfugiés et nous, en tant que société d’accueil. »  

500 demandeurs d’asile sur la Rive-Sud

L’arrivée massive, l’été dernier, de personnes traversant la frontière pour obtenir la protection du Canada a nécessité la mise sur pied de plusieurs sites d’hébergement d’urgence dont celui à Boucherville, nommé Havre Providence. Avec la collaboration des équipes des mesures d’urgence du CISSS-ME, ce site a accueilli près de 500 personnes du mois d’août à la mi-septembre.

Durant cette même période, le Carrefour le Moutier a apporté son soutien à plus de 400 personnes dont 111 familles. « Nous avons principalement supporté ces personnes dans leurs démarches de logement, de ressources matérielles, de dépannage alimentaire, de demandes de permis de travail et d’inscriptions à l’école », a souligné Amalia Suarez, chargée de projet pour les demandeurs d’asile au Carrefour le Moutier qui a salué l’ouverture et la collaboration précieuse des propriétaires de Longueuil dans leur offre de logements pour ces nouveaux venus.

Parrainage d’État - Réfugiés syriens

Alors que le Canada a accueilli plus de 45 000 réfugiés syriens en 2015-16, le parrainage de l’état canadien prévoit accueillir 9000 réfugiés en 2017* (dont 1700 au Québec). Admettant que la situation était exceptionnelle l’an dernier, Nasrin Neda, intervenante à la Maison internationale de la Rive-Sud (MIRS) a insisté sur les défis importants imposés aux réfugiés. « Selon leur histoire et parcours, il est difficile pour ces personnes réfugiées de devenir autonomes et indépendantes dans un délai d’un an.  Développer des compétences linguistiques et comprendre les us et coutumes de la société d’accueil ne sont pas choses faciles pour la majorité des réfugiés, syriens ou autres, peu scolarisés et dont plusieurs proviennent de régions rurales. »

Même si l’aide gouvernementale cesse au bout de 12 mois, la MIRS continue son travail d’assistance auprès de la clientèle des immigrants et réfugiés. Pour assurer cette continuité, l’organisme diversifie ses sources de financement et renforce constamment sa banque de bénévoles pour pouvoir répondre aux besoins constants. L’expérience passée a démontré qu’il faut du temps et du soutien pour permettre aux immigrants et réfugiés du programme de parrainage d’état, de se prendre en main et devenir un actif pour la société.

Parrainage privé : des familles de réfugiés autonomes

La mobilisation du public devant la crise syrienne a permis d’accueillir au Québec 4500 réfugiés sous la forme de parrainage privé, une approche unique dans le monde. Sur la Rive-Sud de Montréal, de nombreux comités de parrainage privé ont vu le jour, tant à Saint-Jean-sur-Richelieu, qu’à Saint-Lambert, Saint-Hubert et Longueuil. Les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) ont contribué à la mise sur pied du comité de parrainage privé Chemins d’accueil de Longueuil qui a accueilli deux familles syriennes de 3 et 4 personnes, respectivement.

« En un an, la première famille de réfugiés syriens est devenue autonome. Le mari a trouvé un emploi alors que sa conjointe poursuit sa formation en français et ses études pour entreprendre une nouvelle carrière prochainement », mentionne Jacques Morin, coordonnateur du groupe Chemins d’accueil de Longueuil.  La seconde famille, arrivée l’hiver dernier, compte sur deux jeunes adultes qui travaillent déjà tout en poursuivant le programme de francisation de niveau 3, cet automne.   Selon l’intervenant, au-delà de la volonté première des réfugiés d’être indépendants rapidement, l’engagement actif des bénévoles au sein des comités et la force de leur réseau de contacts contribuent largement à la réussite des parrainages privés qui attirent les regards de plusieurs chercheurs et organismes, même européens.  

Le jeune Marcel Alhanout, 18 ans, a d’ailleurs témoigné de cette aspiration à s’intégrer et à profiter de la chance offerte de se donner une nouvelle vie. Signalant les défis quotidiens auxquels tous les membres de sa famille sont confrontés, Marcel s’est dit heureux de vivre au Québec. « Le premier élément qui nous a surpris et que l’on apprécie beaucoup, c’est la liberté que l’on retrouve ici. Nous sommes très reconnaissants envers notre société d’accueil. »

Admettant ne pas savoir encore comment leur engagement en faveur des personnes migrantes et réfugiées prendrait forme dans le futur, les SNJM souhaitent « collaborer avec d’autres pour bâtir une société meilleure où l’interculturalité est possible et où chacune et chacun a le droit de vivre pleinement », a conclu Sr Denise Riel.

Quelques faits

  • 22,5 millions de réfugiés dans le monde*
  • 1,2 millions d’entre eux sont en danger de mort*
  • Le Canada parraine 9000 réfugiés en 2017*
  • Le Canada a besoin de 300 000 immigrants par année pour renouveler sa population*
  • En l’espace de 5 à 10 ans, les personnes réfugiées réinstallées dans la société d’accueil deviennent des citoyens à part entière et contribuent à la société de multiples façons*
  • Le Québec a accueilli 17 205 demandeurs d’asile depuis le début de l’année (5525 en 2016)**
  • 500 demandeurs d’asile entre août et mi-septembre au refuge Havre-Providence à Boucherville**

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À propos des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM)

Première congrégation d’enseignantes fondée par une Canadienne, à Longueuil en 1843, les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) œuvrent actuellement dans cinq pays. On leur doit au Québec la création de nombreuses institutions de renom dont l’École de musique Vincent-d’Indy et le collège Durocher Saint-Lambert sans oublier leur présence importante dans la presque totalité des écoles dans les quartiers Hochelaga-Maisonneuve-Mercier. Après avoir adopté des prises de position collective sur « L’eau comme droit humain et bien public » et contre « La traite humaine », les SNJM ont reconnu l’urgent besoin de déclarer leur solidarité et donner un témoignage public en agissant en faveur des personnes migrantes et réfugiées. En plus de participer au comité Chemins d’accueil de Longueuil, la congrégation participe au comité de parrainage privé de la paroisse St. Monica dans Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.

À propos du Carrefour le Moutier

Fondé en 1969, le Carrefour le Moutier est un organisme communautaire de première ligne à portée régionale qui, par la nature et la qualité de ses différents services, contribue à la promotion de la personne, à la prévention de la détresse psychologique de même qu’à l’inclusion sociale. Parmi ses services de première ligne, l’organisme est mandaté par le ministère de l’Immigration pour l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants, avec un volet spécifique d’accompagnement des demandeurs d’asile dans leurs démarches de recherche de logement.

À propos de la Maison internationale de la Rive-Sud (MIRS)

Créée en 1975, la Maison internationale de la Rive-Sud est un organisme entièrement dédié au soutien des nouveaux arrivants, dont les réfugiés publics (soutenus par l’État). Son action porte principalement sur le soutien à l’établissement, à la francisation, à l’employabilité et à l’intégration dans la société d’accueil. L’organisme a développé une solide expertise et s’impose comme un acteur incontournable dans le domaine de l’intégration des personnes migrantes et réfugiées sur la Rive-Sud. À ce titre, il participe à plusieurs tables de concertation. Il est le seul organisme sur le territoire de la Rive-Sud, à être mandaté par le ministère de l’Immigration pour accompagner les réfugiés parrainés par l’État.

À propos du groupe Chemins d’accueil de Longueuil

Au départ, le groupe était constitué d’un noyau de 13 personnes de différents horizons, incluant des communautés religieuses, des représentants du diocèse de St-Jean-Longueuil, des représentants de groupes communautaires et des citoyennes et des citoyens sensibles à la cause.  Depuis, une trentaine de personnes contribuent de diverses façons à soutenir les deux familles parrainées. Chemins d’accueil de Longueuil est l’un des 12 groupes impliqués dans le parrainage privé sur le territoire du diocèse de St-Jean-Longueuil. 

* Jean-Nicolas Beuze, représentant canadien du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), entrevue au journal Le Devoir, 7 juillet 2017

** Données du Gouvernement du Canada (bureau d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada)

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