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UN AUTRE REGARD SUR LA VIE RELIGIEUSE - Partie 1

Mon expérience à Santa Cruz en Californie

L’hiver dernier, quelle ne fut pas ma surprise de recevoir d’un groupe de sœurs de la province U.S. - Ontario une invitation à me joindre à elles pour mieux faire connaissance, pour créer une solidarité entre nous et pour réfléchir ensemble sur l’avenir de la vie religieuse. Ce rassemblement existe depuis douze ans et regroupe des sœurs de notre Congrégation qui sont entrées en communauté après 1970.

Cette rencontre s’est déroulée à Santa Cruz et comptait 28 sœurs en provenance du Canada, du Pérou et des États-Unis. Comme vous pouvez imaginer, nous sommes aussi préoccupées par l’avenir de notre communauté SNJM. Cette rencontre fut habilement animée par sœur Joan Stedman de la congrégation Holy Cross. 

Les partages en petits groupes ont été passionnants parce que les questions étaient bien ciblées et claires. Nous avons été invitées à répondre aux questions : Quelle est l’essence, la spécificité de la vie religieuse aujourd’hui? Qu’est-ce qui nous distingue des autres?

Un autre moment fort fut de prendre connaissance des trois dimensions du leadership (canonique, relationnelle et organisationnelle). Par la suite, on nous a demandé de nous situer personnellement en révélant nos forces et nos limites.  Sœurs Lynda Haydock et Guadalupe Guajardo ont ensuite partagé leur expérience de leadership au niveau général et provincial.

Une vidéo m’a beaucoup questionnée sur notre avenir SNJM : Comment les loups changent les rivières? Si la curiosité vous prend d’en savoir plus, allez la regarder sur Google, c’est facile d’accès, taper simplement « comment les loups changent les rivières » ou simplement, cliquer sur ce lien. La vidéo est sous-titrée en français. Si des loups ont été capables de changer l’écosystème d’un parc, imaginez tout ce que nous pouvons parvenir à changer. 

Avant de nous quitter, nous avons aussi pris le temps de répondre à une autre question qui demandait un engagement de notre part: À la lumière des défis à relever face à mon ministère, à ma vie religieuse, sociale et politique, comment je me sens appelée à y répondre, quelle action je peux entreprendre?

Nous avons terminé notre session par une longue méditation-contemplation qui fut très nourrissante.  Prochain rendez-vous en juillet 2019.

Le témoignage de nos devancières  

La période que nous traversons présentement n’est pas quelque chose d’unique, de nouveau.  Je suis persuadée qu’une institution est souvent confrontée à des moments de crise, d’inquiétude, de questionnement et de transition.

Quand je pense à la mort de Mère Marie-Rose, les sœurs ont probablement posé les mêmes questions que nous aujourd’hui.  Qu’allons-nous devenir? Qui pourra assumer un leadership approprié en ce temps de transition? Qui nous rassemblera, nous unifiera dans la mission? 

J’ai poursuivi ma réflexion en lisant deux livres dont l’un concernait la vie de sœur Véronique-du-Crucifix (The Hope of the Harvest) et l’autre, la vie de sœur Thérèse-de-Jésus (Called to Cast Fire). J’ai été grandement touchée par leur audace à faire avancer la communauté, à prendre des décisions courageuses pour assurer la survie de celle-ci. Devant l’adversité et des moments troublants, elles ont tenu bon, elles se sont tenues debout et elles ont pris des risques.

Tout comme celles qui nous ont précédées, les déléguées au dernier Chapitre général ont affirmé leur foi en l’avenir de la vie religieuse. Je partage cette foi mais exprimée et vécue dans des structures différentes qui nous permettraient de répondre adéquatement aux besoins de notre monde.

Le pape François a invité les communautés religieuses à ouvrir grandes leurs portes et à changer leurs structures afin de mieux accomplir la mission à laquelle elles sont appelées.

Un rêve

Parfois, je rêve qu’un groupe de sœurs convaincues d’un avenir possible de la vie religieuse s’unissent pour réfléchir et se poser les questions suivantes : si Mère Marie-Rose venait à l’une de nos rencontres sur l’avenir de la vie religieuse, à quels besoins répondrait-elle? Quels cris de personnes démunies et opprimées entendrait-elle? Par quels signes des temps serait-elle interpelée? À quelle mission nous convierait-elle?

Des réponses déstabilisantes peut-être, car elles nous amènent à quitter notre zone de confort pour aller dans un milieu inconnu et exigeant. Remarquons que nos peurs immédiatement surgissent : l’âge, le goût d’une retraite bien méritée, la peur de l’avenir, de l’inconnu, la peur d’être incompétente, etc.

Nous retrouvons sûrement dans les réponses de Mère Marie-Rose une invitation à répondre à la crise des réfugiés, à accompagner les gens dans leur soif de sens et de spiritualité, à nous ouvrir au dialogue interreligieux, à protéger notre environnement, à ouvrir nos portes à d’autres pour réaliser notre mission et apprendre à vivre ensemble.

Je suis persuadée que si nous répondons à ces quelques besoins d’aujourd’hui, des jeunes personnes viendront nous rejoindre et les communautés pionnières se créeront d’elles-mêmes.

Huguette Fleurant, s.n.j.m.

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